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La super Lune bleue de sang vue d’ici

La super Lune bleue de sang vue d’ici

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Comme dans cette chanson de Renaud

Comme dans cette chanson de Renaud

Pendant toutes mes randonnées en forêt, lorsque je lève les yeux au ciel, je pense à cette chanson de Renaud, « Fatigué », qui dit ceci: Je voudrais être un arbre, boire l’eau des orages  Me nourrir de la terre, être ami des oiseaux,  Et puis avoir […]

La « shed »

La « shed »

C’était un vieux bâtiment en planches de bois qui sentait l’essence et l’huile.  Une ancienne roulotte de chantier montée sur des blocs de béton derrière la maison.  Des outils et des pièces de toutes sortes étaient savamment classés sur tous les établis et tous les murs.  La porte se barrait par un loquet.  C’était une époque insouciante où les gens ne se volaient pas.  

Nous voulions connaître le nom des outils et les utiliser pour notre abri dans les arbres, mais la shed était un repaire secret où les enfants comme nous n’avaient pas le droit d’aller.    Le repaire où toutes les fins de semaine, papa réparait des appareils électriques et des pièces automobiles.  C’était une époque diligente où l’on ne jetait pas les choses. 

Ses copains jasaient et fumaient devant la porte pendant qu’il travaillait.  L’on entendait parfois de grands éclats de rire.  C’était l’époque bohême où les gens avaient le temps.  

Aujourd’hui, elle n’existe plus, ni l’époque ni d’ailleurs la bâtisse.  Il y a un vide à la place où elle se trouvait… dans mon cœur.

 

Hydro-Québec: 5 énergies alternatives pour échapper au monopole

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Les compteurs tournent et tournent et Hydro-Québec pige de plus en plus dans nos poches.  Les hivers sont rudes au Québec et nos économies familiales pourraient bien être compromises par la hausse des tarifs d’électricité.  D’ailleurs, on n’en voit plus la fin, tandis que les […]

Les perles de la santé

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Je suis infirmière en milieu hospitalier et comme tous mes confrères et consœurs, je rencontre des gens de tous les horizons, tous les âges et tous les niveaux d’éducation.  Voici quelques perles issues des patients ou du personnel attentionné de notre vénérable institution. « Je me […]

La tourterelle passant l’hiver ici

La tourterelle passant l’hiver ici

Les tourterelles tristes passent rarement l’hiver dans le secteur.  J’ai aperçu la première hier, semblant gelée sur une branche.  Pardon si cette image ne lui rend pas justice: elle était bien loin.  Elle n’a pas bougé pendant plus d’une heure.  Le froid gagne la région.  Elle semble esseulée.  Que lui arrivera-t-il?  

Les tourterelles du Québec muent en octobre.  En principe, elles sont prêtes à toutes les éventualités.  Mais d’autres hivers glacials ont décimé leur population.  Elle a accès à de la nourriture.  Je lui en apporterai aussi.  Ces oiseaux-là ne sont pas craintifs des hommes.  Je la nourrirai et le printemps venu, elle chantera pour moi.

Je lui souhaite de traverser ces longs mois d’hiver.  

 

 

Je suis « redneck » et je m’assume

Je suis « redneck » et je m’assume

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La neige de novembre

La neige de novembre

Le froid est arrivé tôt, la neige aussi.  Elle est là pour rester.  Les motoneigistes s’en donnent à coeur-joie aujourd’hui dans les sentiers qui se déroulent comme une peinture acrylique sur une toile.  Le ciel est bleu sombre.  Qu’à cela ne tienne, il y aura […]

1617-2017: L’héritage de Louis Hébert, pionnier de la présence française à Québec

1617-2017: L’héritage de Louis Hébert, pionnier de la présence française à Québec

Louis Gaston Hébert naquit dans une maison près du Louvre à Paris en 1575.  Son père Nicolas était apothicaire à la cour de la reine Catherine de Médicis.  Sa mère, Jacqueline Pageot, décéda alors que Louis n’avait que 15 ans. 

Il exerça la profession d’apothicaire-épicier à l’apothicairerie « Le Mortier d’Or » près du Louvre et habita à St-Germain-des-Prés.

 

Rue où était située la boutique de l’apothicaire Louis-Hébert à Paris

 

Le 19 février 1601,  Louis épousa Marie Rollet, une veuve de cinq ans sa cadette.  Deux ans plus tard, il devint le père d’une fillette prénommée Anne.  Il lui prit alors envie de rejoindre le Nouveau-Monde et il s’embarqua en 1606 dans le cadre de « l’expédition sans femmes ni enfants » menée par Pierre Du Gua de Monts.  La mission que Du Gua de Monts avait reçue était d’établir 60 colons par an dans la colonie et de gagner les Autochtones à la foi chrétienne.  Comme on le sait, cela s’avéra un échec.  

 

Acte de mariage de Louis Hébert et Marie Rollet, paroisse de Saint-Sulpice, Paris

 

C’est alors qu’il fit la connaissance de Samuel de Champlain, qui agissait alors comme géographe et cartographe.  Il  quitta la France en 1606 pour explorer la côte nord-américaine à ses côtés.  Dans le cadre de ce voyage, Louis Hébert fit avec Samuel de Champlain et Jean de Biencourt de Poutrincourt, mari de sa cousine et explorateur du Nouveau-Monde, une petite plantation dans le Massachusetts.  

Hébert passa l’année avec ses congénères à Port-Royal en Acadie.  L’année précédente, 22 hommes étaient morts du scorbut pendant un hiver particulièrement difficile.   Mais cet hiver-là fut plus doux et le scorbut ne fit que sept victimes.  Le Jonas, navire appareillé en France, leur amena alors une triste nouvelle: les concessions accordées en Nouvelle-France à Pierre Du Gua de Monts avaient été annulées.  Ils furent tous forcés de rentrer en France.  Mais le successeur de Du Gua, Poutrincourt lui-même, ramena Hébert en Acadie en 1610.  En novembre de l’année 1613, il fut fait prisonnier par les Anglais à l’île des Monts-Déserts.  Ceux-ci détruisirent Port-Royal et Louis fut à nouveau ramené en France.

Trois ans plus tard, soit en 1616, il retrouva à Paris Samuel de Champlain qui lui offrit 200 couronnes par an pendant deux ans, plus le gîte et le couvert pour lui et sa famille, afin qu’il retourne s’établir et travailler dans la colonie de Québec.  L’apothicaire vendit donc sa maison, son jardin, son commerce et tous ses biens pour s’y installer avec son épouse Marie et leurs trois enfants survivants âgés respectivement de 3, 9 et 14 ans.  Au moment de lever l’ancre, il constata que la Compagnie des Cents-Associés ne lui donnerait que la moitié du salaire promis et que sa fille et son serviteur seraient au service de la compagnie sans aucune rémunération.  Comme il n’avait pas le choix, il quitta la France à bord du Saint-Étienne le 11 mars 1617 et débarqua à Tadoussac, un poste de traite majeur, le 14 juin.  Il gagna Québec par la suite.

 

Louis Hébert s’instruit auprèes des Amérindiens concernant les plantes médicinales

 

Louis Hébert fit beaucoup de choses à Québec.  Avec son beau-frère Claude Rollet, il défricha des terres sans charrue et sans boeuf.  Il fut le premier à semer des champs et des jardins où poussaient du grain et des légumes.  Il fut le premier botaniste de la Nouvelle-France.  Il cueillit, identifia et expédia au savant parisien Jacques Philippe Cornut plus de 80 plantes indigènes.  Celui-ci en fit le premier ouvrage sur les plantes canadiennes qu’il publiera en 1635.  La compagnie des fourrures oeuvra sans répit pour le détourner de l’agriculture.  Sa seule satisfaction fut d’aider les gens. Il soigna Européens comme Amérindiens et gagna la confiance des Autochtones.  Ils lui expliquèrent en détail comment ils se soignaient grâce à des herbes médicinales qu’ils trouvaient en ce pays.  

 

« Louis Hébert semant », estampe tirée du livre Louis Hébert, premier colon canadien et sa famille, de A. C. Després, Montréal, 1918 Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Canada

 

Cette année-là, le père Joseph le Caron célébra le premier mariage sur le sol de Québec, celui de sa fille Anne et de Joseph-Marie Étienne Jonquest.  Tristement, Anne mourut en donnant naissance à leur premier enfant deux ans plus tard, alors qu’elle n’avait que 16 ans.  Elle s’était donc mariée à seulement 14 ans!  Son enfant, le premier Européen né en Nouvelle-France, mourut juste après l’accouchement.

 

Louis Hébert et sa famille

 

En 1620, Champlain le nomma procureur du roi dans la cité de Québec.  Il devient donc le premier officier de justice.  Cette année-là, des ouvriers redevables de ses services l’aidèrent à construire sa maison.  Il s’agissait alors d’un bâtiment très rudimentaire, que les gens d’aujourd’hui se plairaient à appeler un « chalet » ou un « shack ».  Quelques années plus tard, elle fut remplacée par une maison en pierre d’un étage de 38 pieds par 19. 

 

Les terres de Louis-Hébert étaient situées sur le site de l’actuel Séminaire de Québec.

 

Grâce à une pétition adressée au vice-roi en 1622, Louis devint aussi seigneur, premier propriétaire de ses terres agricoles, le fief de Sault-au-Matelot, en 1623.  On y adjoignit des terres et en tout, ses 100 acres couvraient l’actuel terrain du séminaire et de la cathédrale, ainsi que des terres en bordure de la rivière Saint-Charles où il faisait paître ses bovins.  Il planta aussi un verger avec des pommiers qu’il avait apportés de la Normandie et acclimatés lui-même.  On raconte même qu’il jardinait en compagnie de son ami Samuel de Champlain, le seul autre colon à posséder un jardin dans la colonie malgré que ce fut interdit par la compagnie. Jusqu’en 1634, les seules maisons construites à Québec et habitées toute l’année furent celles de Louis Hébert et de son gendre Guillaume Couillard.  Leurs concitoyens habitaient soit dans des forts (« habitations » dont l’une était située sur l’actuel site du Château Frontenac) ou dans des bâtiments des Jésuites ou des Récollets.  

 

Au pied de la statue du pionnier Louis Hébert, à Québec

 

Il décéda d’une mauvaise chute sur la glace mais il mourut bravement comme il avait vécu.  Il eut le temps de dire à sa famille en larmes:

«Je meurs content parce que Notre-Seigneur m’a fait la grâce de voir mourir avant moi des Indiens convertis.  J’ai passé les mers pour venir les secourir, et maintenant, je mourrais volontiers pour leur conversion, si tel est le bon plaisir de Dieu. Je vous supplie de les aimer comme je les aime et de les assister autant que vous le pourrez. « 

On dit qu’il fut inhumé deux jours plus tard, soit en le 27 janvier 1627, dans le cimetière des Récollets, bien que cette information puisse apparaître douteuse vu le gel.  Ce n’est qu’un an après sa mort qu’il fut permis de travailler la terre dans la colonie et que l’ont put utiliser une charrue et des boeufs. 

 

Sculpture de Louis Hébert, à Québec

 

L’actuel premier ministre du Québec, Philippe Couillard, est un descendant direct de Louis Hébert par le mariage de sa fille Guillemette avec Guillaume Couillard de L’Espinay, un charpentier arrivé à Québec avant la famille Hébert et qui en hérita le domaine à la mort de Louis.  Le 14 juin 2017, la communauté des Augustines hospitalières de Québec inaugura le Carré de l’Apothicairesse.  La Société de Généalogie de Québec prépara pour l’occasion 30 certificats d’ascendance sous forme de parchemin, dont un fut remis à Philippe Couillard qui ne manqua pas de souligner l’importance de ces ancêtres dans l’histoire du Québec.  

 

Pour souligner le 400e anniversaire de Québec, les Augustines hospitalières ont inauguré le Carré de l’Apothicairesse dans leur cour carrée.

 

Sources:

Le ponceau de bois

Le ponceau de bois

L’automne a déroulé son beau tapis doré que la neige recouvrira bientôt.  L’un de mes concitoyens a fait ce joli ponceau en rondins de bois afin que l’on y traverse le ruisseau entre deux champs.  Bientôt nous y ferons de la raquette.  L’eau ne gèle […]


Mes pensées

On a tous une forêt dans le coeur

On a tous une forêt dans le coeur

C’est aujourd’hui que j’ai choisi pour vous parler de ma forêt.  On a tous une forêt dans le cœur.  Elles sont belles quoique différentes.  Certaines sont idylliques, d’autres réelles.  La mienne est un mélange des deux.

J’y suis allée dès que j’ai pu marcher.  Il y avait tant de chemins qui nous invitaient à les suivre!  Pour avoir grandi dans une forêt dense, une forêt sans nom, pour en avoir fait un terrain de jeu avec mes frères et sœur, je vois la beauté dans chaque arbre de ce monde, qu’il soit planté seul dans une ville polluée, tordu comme un ressort, ou parmi des dizaines de milliers d’autres.  Bien des parents auraient interdit à leurs enfants de s’approcher trop près des bois en leur disant « Prenez garde aux animaux ».  Mais nos parents connaissaient assez la forêt pour ne pas nous inculquer la peur.  Ils avaient déjà vécu libres, eux aussi.

La forêt de mon enfance avait ceci de beau qu’elle était habitée par des milliers de créatures rieuses qui étaient partout, pas comme dans les forêts modernes où, rares, elles se cachent sans fin.  Élans, ours,  écureuils, lièvres, castors, loutres, tamias, chiens de prairies, souris, loups, renards, musaraignes, ratons laveurs, coyotes, blaireaux, mouffettes, etc.  Ils pullulaient dans la région.

Ma forêt était peuplée d’oiseaux qui pépiaient et souvent, seul le bruit de leurs ailes quand ils s’élançaient des arbres nous signalait leur présence.   On y trouvait souvent des nids et quelquefois, des œufs à l’intérieur, mais on n’y touchait pas.   Il y avait aussi des ruisseaux qui chantent et nous aimions examiner l’eau à la recherche d’une forme de vie.  Quand il faisait chaud et que nous étions fatigués, nous y buvions un peu avant de poursuivre nos expéditions.  Il n’était pas de sons plus agréables et qui inspirent autant le calme que ceux de cet endroit enchanté.  L’équilibre de mon âme en dépendait.

La plus grande gamme de coloris avait été déposée là par le plus brillant des artistes: la Nature.  Mes bois étaient surtout peuplés de conifères.  Ils en portaient les odeurs au loin.  Ils se trouvaient à une distance telle qu’un enfant puisse marcher entre leurs branches.  Mais il est vrai que de temps en temps, j’ai recueilli quelques égratignures, que j’ai rampé sous les plus bas rameaux.  Ma pauvre mère en a lavé du linge sale!  Cela n’avait d’ailleurs aucune importance ni pour elle ni pour moi.  Chaque cicatrice de mes genoux et de mes coudes me rappelle de bons souvenirs.  Les abords de la forêt ont vu s’installer peu à peu quelques feuillus, des bouleaux noirs et à papier et des trembles.  Ces derniers avaient des feuilles qui brillaient au soleil comme des milliers de paillettes et lorsque le vent se levait, elles avaient des sons musicaux.

La forêt avait de ces lumières si particulières qui changent le regard que l’on porte sur les choses.  Elle exposait la complexité de la Nature, sa sagesse infinie, des rainures dans les feuilles qui n’étaient jamais tout à fait semblables, jusqu’aux grandes plantes dont je recueillais de la mousse pour la mettre dans mon oreiller.  Elle filtrait à travers les arbres, comme quoi la lumière peut toujours gagner sur la pénombre.  Ses rayons se décomposaient.  Au printemps, ils venaient à bout de la froidure des plus profonds hivers.

Le temps n’était pas compté.  Cela aurait définitivement tout changé.  Nous étions protégés du besoin de prévoir sans cesse l’avenir.  Nous n’avions pas de sacs à dos remplis de vêtements de rechange, de vestes de pluie, de bouteilles d’eau et d’allumettes.  Quand je regarde en arrière, je ne peux que me demander comment nous en sommes arrivés à ce monde stressé, hypertendu, insomniaque.  Alors que cette paix nous est si accessible!

Bien avant Dora et Indiana Jones, j’étais exploratrice.  Encore aujourd’hui, rien ne me ravit autant que de me faire aventurière.  Et même quand je repasse plusieurs fois au même endroit, la forêt n’est plus tout à fait la même au fil des jours… au fil des secondes!  À cette époque, il n’y avait pas de planches.  Il y avait des cabanes.  Il n’y avait pas de sentiers.  Il y avait des défis.  Il n’y avait pas de iPad.  Il y avait la forêt.

Cette forêt  est mon temple.  Elle est ma vie.  Il est beau de rêver que quelque part, il y a encore une forêt intouchée et qui le restera.


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