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Je suis « redneck » et je m’assume

Je suis « redneck » et je m’assume

  Je ne tiens pas un blog « lifestyle ».  Je ne vous écrirai pas quel est le nouveau truc « fashion » pour faire ceci ou pour faire cela.  Les lumières de la ville m’éblouissent sans m’étourdir.  Dans mon coeur, je suis toujours restée « la petite fille de […]

La neige de novembre

La neige de novembre

Le froid est arrivé tôt, la neige aussi.  Elle est là pour rester.  Les motoneigistes s’en donnent à coeur-joie aujourd’hui dans les sentiers qui se déroulent comme une peinture acrylique sur une toile.  Le ciel est bleu sombre.  Qu’à cela ne tienne, il y aura […]

1617-2017: L’héritage de Louis Hébert, pionnier de la présence française à Québec

1617-2017: L’héritage de Louis Hébert, pionnier de la présence française à Québec

Louis Gaston Hébert naquit dans une maison près du Louvre à Paris en 1575.  Son père Nicolas était apothicaire à la cour de la reine Catherine de Médicis.  Sa mère, Jacqueline Pageot, décéda alors que Louis n’avait que 15 ans. 

Il exerça la profession d’apothicaire-épicier à l’apothicairerie « Le Mortier d’Or » près du Louvre et habita à St-Germain-des-Prés.

 

Rue où était située la boutique de l’apothicaire Louis-Hébert à Paris

 

Le 19 février 1601,  Louis épousa Marie Rollet, une veuve de cinq ans sa cadette.  Deux ans plus tard, il devint le père d’une fillette prénommée Anne.  Il lui prit alors envie de rejoindre le Nouveau-Monde et il s’embarqua en 1606 dans le cadre de « l’expédition sans femmes ni enfants » menée par Pierre Du Gua de Monts.  La mission que Du Gua de Monts avait reçue était d’établir 60 colons par an dans la colonie et de gagner les Autochtones à la foi chrétienne.  Comme on le sait, cela s’avéra un échec.  

 

Acte de mariage de Louis Hébert et Marie Rollet, paroisse de Saint-Sulpice, Paris

 

C’est alors qu’il fit la connaissance de Samuel de Champlain, qui agissait alors comme géographe et cartographe.  Il  quitta la France en 1606 pour explorer la côte nord-américaine à ses côtés.  Dans le cadre de ce voyage, Louis Hébert fit avec Samuel de Champlain et Jean de Biencourt de Poutrincourt, mari de sa cousine et explorateur du Nouveau-Monde, une petite plantation dans le Massachusetts.  

Hébert passa l’année avec ses congénères à Port-Royal en Acadie.  L’année précédente, 22 hommes étaient morts du scorbut pendant un hiver particulièrement difficile.   Mais cet hiver-là fut plus doux et le scorbut ne fit que sept victimes.  Le Jonas, navire appareillé en France, leur amena alors une triste nouvelle: les concessions accordées en Nouvelle-France à Pierre Du Gua de Monts avaient été annulées.  Ils furent tous forcés de rentrer en France.  Mais le successeur de Du Gua, Poutrincourt lui-même, ramena Hébert en Acadie en 1610.  En novembre de l’année 1613, il fut fait prisonnier par les Anglais à l’île des Monts-Déserts.  Ceux-ci détruisirent Port-Royal et Louis fut à nouveau ramené en France.

Trois ans plus tard, soit en 1616, il retrouva à Paris Samuel de Champlain qui lui offrit 200 couronnes par an pendant deux ans, plus le gîte et le couvert pour lui et sa famille, afin qu’il retourne s’établir et travailler dans la colonie de Québec.  L’apothicaire vendit donc sa maison, son jardin, son commerce et tous ses biens pour s’y installer avec son épouse Marie et leurs trois enfants survivants âgés respectivement de 3, 9 et 14 ans.  Au moment de lever l’ancre, il constata que la Compagnie des Cents-Associés ne lui donnerait que la moitié du salaire promis et que sa fille et son serviteur seraient au service de la compagnie sans aucune rémunération.  Comme il n’avait pas le choix, il quitta la France à bord du Saint-Étienne le 11 mars 1617 et débarqua à Tadoussac, un poste de traite majeur, le 14 juin.  Il gagna Québec par la suite.

 

Louis Hébert s’instruit auprèes des Amérindiens concernant les plantes médicinales

 

Louis Hébert fit beaucoup de choses à Québec.  Avec son beau-frère Claude Rollet, il défricha des terres sans charrue et sans boeuf.  Il fut le premier à semer des champs et des jardins où poussaient du grain et des légumes.  Il fut le premier botaniste de la Nouvelle-France.  Il cueillit, identifia et expédia au savant parisien Jacques Philippe Cornut plus de 80 plantes indigènes.  Celui-ci en fit le premier ouvrage sur les plantes canadiennes qu’il publiera en 1635.  La compagnie des fourrures oeuvra sans répit pour le détourner de l’agriculture.  Sa seule satisfaction fut d’aider les gens. Il soigna Européens comme Amérindiens et gagna la confiance des Autochtones.  Ils lui expliquèrent en détail comment ils se soignaient grâce à des herbes médicinales qu’ils trouvaient en ce pays.  

 

« Louis Hébert semant », estampe tirée du livre Louis Hébert, premier colon canadien et sa famille, de A. C. Després, Montréal, 1918 Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Canada

 

Cette année-là, le père Joseph le Caron célébra le premier mariage sur le sol de Québec, celui de sa fille Anne et de Joseph-Marie Étienne Jonquest.  Tristement, Anne mourut en donnant naissance à leur premier enfant deux ans plus tard, alors qu’elle n’avait que 16 ans.  Elle s’était donc mariée à seulement 14 ans!  Son enfant, le premier Européen né en Nouvelle-France, mourut juste après l’accouchement.

 

Louis Hébert et sa famille

 

En 1620, Champlain le nomma procureur du roi dans la cité de Québec.  Il devient donc le premier officier de justice.  Cette année-là, des ouvriers redevables de ses services l’aidèrent à construire sa maison.  Il s’agissait alors d’un bâtiment très rudimentaire, que les gens d’aujourd’hui se plairaient à appeler un « chalet » ou un « shack ».  Quelques années plus tard, elle fut remplacée par une maison en pierre d’un étage de 38 pieds par 19. 

 

Les terres de Louis-Hébert étaient situées sur le site de l’actuel Séminaire de Québec.

 

Grâce à une pétition adressée au vice-roi en 1622, Louis devint aussi seigneur, premier propriétaire de ses terres agricoles, le fief de Sault-au-Matelot, en 1623.  On y adjoignit des terres et en tout, ses 100 acres couvraient l’actuel terrain du séminaire et de la cathédrale, ainsi que des terres en bordure de la rivière Saint-Charles où il faisait paître ses bovins.  Il planta aussi un verger avec des pommiers qu’il avait apportés de la Normandie et acclimatés lui-même.  On raconte même qu’il jardinait en compagnie de son ami Samuel de Champlain, le seul autre colon à posséder un jardin dans la colonie malgré que ce fut interdit par la compagnie. Jusqu’en 1634, les seules maisons construites à Québec et habitées toute l’année furent celles de Louis Hébert et de son gendre Guillaume Couillard.  Leurs concitoyens habitaient soit dans des forts (« habitations » dont l’une était située sur l’actuel site du Château Frontenac) ou dans des bâtiments des Jésuites ou des Récollets.  

 

Au pied de la statue du pionnier Louis Hébert, à Québec

 

Il décéda d’une mauvaise chute sur la glace mais il mourut bravement comme il avait vécu.  Il eut le temps de dire à sa famille en larmes:

«Je meurs content parce que Notre-Seigneur m’a fait la grâce de voir mourir avant moi des Indiens convertis.  J’ai passé les mers pour venir les secourir, et maintenant, je mourrais volontiers pour leur conversion, si tel est le bon plaisir de Dieu. Je vous supplie de les aimer comme je les aime et de les assister autant que vous le pourrez. « 

On dit qu’il fut inhumé deux jours plus tard, soit en le 27 janvier 1627, dans le cimetière des Récollets, bien que cette information puisse apparaître douteuse vu le gel.  Ce n’est qu’un an après sa mort qu’il fut permis de travailler la terre dans la colonie et que l’ont put utiliser une charrue et des boeufs. 

 

Sculpture de Louis Hébert, à Québec

 

L’actuel premier ministre du Québec, Philippe Couillard, est un descendant direct de Louis Hébert par le mariage de sa fille Guillemette avec Guillaume Couillard de L’Espinay, un charpentier arrivé à Québec avant la famille Hébert et qui en hérita le domaine à la mort de Louis.  Le 14 juin 2017, la communauté des Augustines hospitalières de Québec inaugura le Carré de l’Apothicairesse.  La Société de Généalogie de Québec prépara pour l’occasion 30 certificats d’ascendance sous forme de parchemin, dont un fut remis à Philippe Couillard qui ne manqua pas de souligner l’importance de ces ancêtres dans l’histoire du Québec.  

 

Pour souligner le 400e anniversaire de Québec, les Augustines hospitalières ont inauguré le Carré de l’Apothicairesse dans leur cour carrée.

 

Sources:

Le ponceau de bois

Le ponceau de bois

L’automne a déroulé son beau tapis doré que la neige recouvrira bientôt.  L’un de mes concitoyens a fait ce joli ponceau en rondins de bois afin que l’on y traverse le ruisseau entre deux champs.  Bientôt nous y ferons de la raquette.  L’eau ne gèle […]

La solitude

La solitude

Une image: celle de la solitude, de l’hiver naissant, des sentiers déserts et du soleil mourant de fin d’après-midi…  Cette image me correspond à ce moment précis de ma vie.  Suis-je la seule? Mais elle recèle aussi une sagesse née de l’introspection et voilà le […]

Automne: chronique d’une mort annoncée

Automne: chronique d’une mort annoncée

 

Faut-il pleurer l’automne ou bien le célébrer?  

 

L’automne, c’est la confiance: c’est laisser les oiseaux s’envoler parce que l’on sait qu’ils reviendront.

C’est la survie d’être fragiles que l’on n’aurait pas cru possible.  

 

 

C’est enterrer nos souvenirs et célébrer ce qui a été.

 

 

C’est le frimas sur les vitres, le givre sur l’étang.

 

 

C’est enfin récolter ce que l’on a semé… ou pas.

 

 

C’est la mort annoncée d’une partie de nous.

C’est la fatalité qui nous a rattrapés, qui donne et qui reprend, quand on s’y attend le moins.

 

 

Ce sont les fleurs fanées entre les pages d’un livre d’images.

 

 

Quand les quais sont déserts, que les passants ne passent plus, que la lassitude s’installe et que les horloges tiquent toutes en même temps,

c’est le silence qui rend les idées plus claires qu’elles ne l’ont jamais été.

 

 

Quand le ciel s’embrase et que la lumière change, un grand calme nous envahit.  C’est un éclairage nouveau sur les choses.

C’est s’endormir dans l’attente de l’hiver.  Entrer dans un sommeil pour être réveillée par un prince, le printemps.

 

 

L’automne, c’est quand un rayon devient notre soleil.  

 

 

C’est le réconfort des cafés aux épices quand les terrasses sont froides.

 

 

C’est quand les fontaines s’endorment aux portes des jardins comme un orphelin qui a trop pleuré.

 

 

L’automne, c’est voir la Nature se démonter pièce par pièce pour se refaire plus tard, autrement.

Et cela nous inspire pour nos jours les plus sombres.

 

 

C’est se souvenir de ce qui a été mais se consacrer à ce qui est, à ce qui sera.

C’est l’acceptation de la pérennité.  

 

 

C’est quand les cheminées fument, que les fenêtres s’allument et que la mort devient source de Vie.  

 

 

Dans la noirceur qui s’étire, c’est apprendre à tendre les bras pour faire de quelques notes une charmante musique.

Laisser une lampe s’éteindre pour en allumer une autre…

 

 

Il faut se rendre à l’évidence, se faire une raison…  La raison… des saisons…  C’est la Vie!

 

 

 

 

Potage d’automne à la courge musquée et au cari

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Envie d’une soupe d’automne épicée et santé?  J’ai concocté pour vous (et goûté, rassurez-vous) ce délicieux potage qui ravira vos convives.  En plus, il est facile à réaliser!     Ingrédients: 1 oignon blanc haché 2 tasses de bouillon de légumes 1 c. à table […]

Les grandes épidémies dans l’histoire du Québec

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La survenue de maladies infectieuses est documentée depuis des millénaires dans l’histoire de l’Homme.  Elles ont fait des millions, voire milliards de morts à travers les âges.  La peste noire a fait à elle seule des centaines de millions de victimes, à une époque où […]

La fille de l’ISSO

La fille de l’ISSO

Je m’en fais pour l’environnement que l’on gruge petit à petit à grands renforts d’excuses fumantes.

« La faune, elle s’en ira ailleurs ».  Elle n’a qu’à s’en aller dans la forêt, la faune.   Et la flore, elle marche aussi, c’est bien connu.  On sait tous qu’elles sont inséparables.  Après tout, c’est chez-eux la forêt.  Dans la petite bourgade de campagne où je vis, il y a souvent des animaux sauvages qui ne sont « pas chez eux », comme des mouffettes – nos fameuses « bêtes puantes » -, des marmottes, des souris et des lièvres.  Avant ils étaient « chez-eux », maintenant ils sont « chez-nous ».  Vous voyez la nuance, toute en béton et en canexel?  La nature ne comprend pas qu’il est temps qu’elle fiche le camp ailleurs.  Il faut faire de l’espace à la « civilisation ».

« C’est quoi toutes ces nouvelles maladies et pourquoi les gens sont-ils malades aussi jeunes? »  Pourtant, on achète de bons fruits et légumes, des produits locaux le plus possible, on lit les étiquettes, on prend des suppléments et on fait attention à sa ligne.  Si on avait quoique ce soit, le docteur nous le dirait.  On s’entraîne si souvent que notre garde-robe est remplie d’habits de sport de toutes les marques.

« Il n’y a pas de changements climatiques », dit l’aveugle, sourd aussi, qui n’a pas mis le nez dehors depuis des années.  Non non, c’est cyclique tout ça.  Ah!  Alors il y a des changements à l’intérieur du cycle actuel!  « Non, aucun changement.  Il a toujours neigé de septembre à mai comme il y a toujours eu des phoques assez loin dans le Saint-Laurent. »

« On n’arrête pas le progrès.  Les jeunes, eux, ils vont trouver une solution. »  C’est vrai que l’environnement évolue vraiment bien présentement!   Certaines espèces disparaissent mais c’est la loi du plus fort.  Et devinez qui est le plus fort?  Il y a vraiment de quoi être fiers, non?

C’est à cause de ce genre de d’inconscience cataleptique que je suis devenue « LA fille de l’ISSO ».  Je me bats pour des arbres, deux ruisseaux, la faune, la flore et aussi, pour que mes concitoyens aient un lieu de ressourcement en nature.  Depuis quelques mois, j’essaie de sauver un boisé.  Mon fameux Sentier des Oiseaux, juste à côté de la Forêt d’Émeraude dont je vous parle régulièrement, est menacé par un projet immobilier.

Quand j’ai su qu’on voulait le faire disparaître, il était déjà trop tard: trois des 23 terrains étaient vendus par un promoteur qui en détient cinq.  Les autres appartiennent à la ville qui dit en avoir neuf plutôt que 18.  On n’a sans doute pas les mêmes cartes.  Qu’importe que l’on s’apprête déjà à ériger des bâtiments sur le site, il faut que quelqu’un supporte la responsabilité de s’opposer à ces petites projets qui sont les jalons d’une destruction à grande échelle.  Il faut que les autorités et les nouveaux occupants sachent de quel endroit merveilleux il s’agit.

 

Le Sentier des Oiseaux

 

Les gens des quartiers avoisinants fréquentaient le site depuis 20 ans quand on leur en a interdit l’accès parce qu’une partie du parcours sert de piste de VTT.  Le Sentier fait une boucle de 0.9 km.  Il est bordé par deux jolis ruisseaux, couvert d’arbres à fruits de tous âges qui attirent plus de 60 espèces d’oiseaux dont certains font 8 000 kilomètres de distance pour y nicher.

 

Le viréo aux yeux rouges est partout de fin juin au début septembre.

 

Il abrite aussi le fameux papillon monarque qui parcourt à peu près la même distance à partir du Mexique, mais sur deux à trois générations, pour s’y retrouver.  Il y a longtemps, avant d’être une petite forêt, c’était un champs d’agriculteur.  Et à l’époque, les cultivateurs semaient de l’asclépiade, plante adorée des monarques, ce qu’ils ne font guère aujourd’hui.  La population de monarques a décru de 90% au cours des 20 dernières années.

 

Un beau monarque

 

C’est un espace vert à deux minutes de la ville qui comprend une coulée ayant un dénivelé de près de 90% par endroits, donc propice à l’écoulement des eaux lors de pluies abondantes ou lorsque la fonte des neiges cause des inondations comme ce fut le cas le printemps dernier.  Il y a quelques années, l’un des ruisseaux formaient un bassin sur lequel les résidents du secteur se plaisaient à voir glisser des canards.  Il n’y a plus de bassin désormais.  Celui-ci a été remplacé par un égout où s’écoule maintenant un mince filet d’eau et ce, dans la plus grande légalité!

 

RIP le ruisseau disparu, encapsulé dans cette boîte métallique…

 

Dans l’autre ruisseau, à la faveur d’un printemps tardif en 2017, l’on a découvert des tonnes de déchets: un vieux camion rouge, des pièces automobiles, des pneus, des chaises de plastique, une boîte aux lettres, une cheminée, un traîneau, des bâches, des poubelles de métal, etc.  Juste à côté d’un ballot de ferraille corrodée, des jeunes du secteur s’étaient fait un camp secret.  J’imagine que ça aurait pu m’apparaître romantique si je n’avais pas été infirmière…  Une demande a été déposée au ministère de l’Environnement afin que le site soit nettoyé.  

 

Le coin secret des enfants du secteur

 

En hiver, la seule piste de raquette de notre petite ville suit le parcours de ce ruisseau sur près de 4 kilomètres.  Comme elle est située dans une coulée, elle bénéficie d’un microclimat très favorable et est pratiquement coupée de tous vents.

 

Le sentier de raquettes où filtre une douce lumière d’hiver

 

La faune y est la même que dans les grandes forêts, exception faite que j’ai déjà pu y admirer un carcajou, quelques pékans et deux coyotes et que les tamias rayés y sont d’une taille assez remarquable!

 

Tamia rayé au Sentier des Oiseaux
Tamia rayé au Sentier des Oiseaux

 

Mais on ne veut pas savoir ce qu’il y a dans le Sentier, à moins que ce soit une espèce menacée et encore…  Je me suis donc mise à la recherche d’espèces rares.  Je ne suis pas biologiste.  La charge est lourde pour identifier toutes ces plantes et fleurs.

 

De l’athyrie alpestre

 

Quand on parle, on parle à l’argent.  Au pouvoir aussi.  Et la population est lasse de débat, occupée à gérer la vie courante, obligée à faire constamment des choix.  L’information est servie par les médias comme on sert du « fast food ».   L’audience est à celui qui donne le plus en le moins de temps.  Il nous faut en tenir compte car pendant que nous sommes occupés chacun à nos affaires, la Nature disparaît comme peau de chagrin.  

 

Le printemps dernier. Le dernier printemps?

 

Commençons déjà à nous poser des questions.  Dans quelques générations, nos gouvernements investiront-ils dans les services des meilleurs scientifiques afin qu’ils découvrent comme recréer cette Nature si unique?  Ne payons-nous pas déjà pour recréer des espèces disparues? 

 

L’essentiel n’est pas toujours invisible pour les yeux, comme la beauté n’est pas toujours dans les yeux de celui qui regarde…

 

Je dis que le monde ne sera plus pareil si cet endroit vient à disparaître.  Il est probablement loin de chez-vous mais réfléchissez, il est peut-être près aussi.  Je songe à ces autres boisés que l’on construira pendant que les gens sont occupés à regarder ailleurs.  Il y en a un près de chez-vous.  

 

Un habitat

 

Je dis que bien que ce ne soit encore que le début, la fin risque de venir rapidement.  Je pense aux abeilles, entre autres, porteuses du fragile équilibre de la vie.  Cette société s’est battue pour l’égalité des sexes, la liberté d’expression, le droit de vote, l’avortement, etc.  Tout cela aura-t-il encore un sens si nous détruisons ce qui nous fait vivre?  La santé, c’est la Nature.  Tous les remèdes se trouvent dans la Nature.  Il n’est pas étonnant que nombre de maladies émergent ces années-ci.  Nous sommes à la croisée des chemins.

 

Ruralité: la fin de la fracture numérique

Ruralité: la fin de la fracture numérique

Pourquoi les régions rurales doivent-elles bénéficier d’un meilleur accès à l’internet? Plus de télé-travail, moins d’embouteillages, de travaux routiers, de pollution, de dépenses en infrastructures, une meilleure qualité de vie, moins de stress, de frais de santé, de visites médicales et de consommation de médicaments, un meilleur accès à des spécialistes, à des études post-secondaires, aux instances gouvernementales, aux marchés économiques et globalement, à l’information!


Mes pensées

On a tous une forêt dans le coeur

On a tous une forêt dans le coeur

C’est aujourd’hui que j’ai choisi pour vous parler de ma forêt.  On a tous une forêt dans le cœur.  Elles sont belles quoique différentes.  Certaines sont idylliques, d’autres réelles.  La mienne est un mélange des deux.

J’y suis allée dès que j’ai pu marcher.  Il y avait tant de chemins qui nous invitaient à les suivre!  Pour avoir grandi dans une forêt dense, une forêt sans nom, pour en avoir fait un terrain de jeu avec mes frères et sœur, je vois la beauté dans chaque arbre de ce monde, qu’il soit planté seul dans une ville polluée, tordu comme un ressort, ou parmi des dizaines de milliers d’autres.  Bien des parents auraient interdit à leurs enfants de s’approcher trop près des bois en leur disant « Prenez garde aux animaux ».  Mais nos parents connaissaient assez la forêt pour ne pas nous inculquer la peur.  Ils avaient déjà vécu libres, eux aussi.

La forêt de mon enfance avait ceci de beau qu’elle était habitée par des milliers de créatures rieuses qui étaient partout, pas comme dans les forêts modernes où, rares, elles se cachent sans fin.  Élans, ours,  écureuils, lièvres, castors, loutres, tamias, chiens de prairies, souris, loups, renards, musaraignes, ratons laveurs, coyotes, blaireaux, mouffettes, etc.  Ils pullulaient dans la région.

Ma forêt était peuplée d’oiseaux qui pépiaient et souvent, seul le bruit de leurs ailes quand ils s’élançaient des arbres nous signalait leur présence.   On y trouvait souvent des nids et quelquefois, des œufs à l’intérieur, mais on n’y touchait pas.   Il y avait aussi des ruisseaux qui chantent et nous aimions examiner l’eau à la recherche d’une forme de vie.  Quand il faisait chaud et que nous étions fatigués, nous y buvions un peu avant de poursuivre nos expéditions.  Il n’était pas de sons plus agréables et qui inspirent autant le calme que ceux de cet endroit enchanté.  L’équilibre de mon âme en dépendait.

La plus grande gamme de coloris avait été déposée là par le plus brillant des artistes: la Nature.  Mes bois étaient surtout peuplés de conifères.  Ils en portaient les odeurs au loin.  Ils se trouvaient à une distance telle qu’un enfant puisse marcher entre leurs branches.  Mais il est vrai que de temps en temps, j’ai recueilli quelques égratignures, que j’ai rampé sous les plus bas rameaux.  Ma pauvre mère en a lavé du linge sale!  Cela n’avait d’ailleurs aucune importance ni pour elle ni pour moi.  Chaque cicatrice de mes genoux et de mes coudes me rappelle de bons souvenirs.  Les abords de la forêt ont vu s’installer peu à peu quelques feuillus, des bouleaux noirs et à papier et des trembles.  Ces derniers avaient des feuilles qui brillaient au soleil comme des milliers de paillettes et lorsque le vent se levait, elles avaient des sons musicaux.

La forêt avait de ces lumières si particulières qui changent le regard que l’on porte sur les choses.  Elle exposait la complexité de la Nature, sa sagesse infinie, des rainures dans les feuilles qui n’étaient jamais tout à fait semblables, jusqu’aux grandes plantes dont je recueillais de la mousse pour la mettre dans mon oreiller.  Elle filtrait à travers les arbres, comme quoi la lumière peut toujours gagner sur la pénombre.  Ses rayons se décomposaient.  Au printemps, ils venaient à bout de la froidure des plus profonds hivers.

Le temps n’était pas compté.  Cela aurait définitivement tout changé.  Nous étions protégés du besoin de prévoir sans cesse l’avenir.  Nous n’avions pas de sacs à dos remplis de vêtements de rechange, de vestes de pluie, de bouteilles d’eau et d’allumettes.  Quand je regarde en arrière, je ne peux que me demander comment nous en sommes arrivés à ce monde stressé, hypertendu, insomniaque.  Alors que cette paix nous est si accessible!

Bien avant Dora et Indiana Jones, j’étais exploratrice.  Encore aujourd’hui, rien ne me ravit autant que de me faire aventurière.  Et même quand je repasse plusieurs fois au même endroit, la forêt n’est plus tout à fait la même au fil des jours… au fil des secondes!  À cette époque, il n’y avait pas de planches.  Il y avait des cabanes.  Il n’y avait pas de sentiers.  Il y avait des défis.  Il n’y avait pas de iPad.  Il y avait la forêt.

Cette forêt  est mon temple.  Elle est ma vie.  Il est beau de rêver que quelque part, il y a encore une forêt intouchée et qui le restera.


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