Mes derniers articles

La tourterelle passant l’hiver ici

La tourterelle passant l’hiver ici

Les tourterelles tristes passent rarement l’hiver dans le secteur.  J’ai aperçu la première hier, semblant gelée sur une branche.  Pardon si cette image ne lui rend pas justice: elle était bien loin.  Elle n’a pas bougé pendant plus d’une heure.  Le froid gagne la région.  […]

Je suis « redneck » et je m’assume

Je suis « redneck » et je m’assume

  Je ne tiens pas un blog « lifestyle ».  Je ne vous écrirai pas quel est le nouveau truc « fashion » pour faire ceci ou pour faire cela.  Les lumières de la ville m’éblouissent sans m’étourdir.  Dans mon coeur, je suis toujours restée « la petite fille de […]

La neige de novembre

La neige de novembre

Le froid est arrivé tôt, la neige aussi.  Elle est là pour rester.  Les motoneigistes s’en donnent à coeur-joie aujourd’hui dans les sentiers qui se déroulent comme une peinture acrylique sur une toile.  Le ciel est bleu sombre.  Qu’à cela ne tienne, il y aura d’autres jours!

Cette année, nous n’aurons pas à nous plaindre d’un temps mort entre l’automne et l’hiver où nous sommes dans nos chaumières en attendant de pratiquer nos loisirs dans la neige.  Nous sommes exaucés.  Il y a tant de belles choses à voir et à faire.  Pourquoi rester encabanés quand quelques vêtements chauds et colorés nous permettent de conquérir un nouveau royaume, l’hiver?  Faisons des pistes partout.  Faisons des glissades et des bonshommes de neige.  Allumons l’hiver comme il ne l’a jamais été.  Célébrons notre santé.  

Cette année, nous passerons les Fêtes sous la neige!

 

 

 

1617-2017: L’héritage de Louis Hébert, pionnier de la présence française à Québec

1617-2017: L’héritage de Louis Hébert, pionnier de la présence française à Québec

Louis Gaston Hébert naquit dans une maison près du Louvre à Paris en 1575.  Son père Nicolas était apothicaire à la cour de la reine Catherine de Médicis.  Sa mère, Jacqueline Pageot, décéda alors que Louis n’avait que 15 ans.  Il exerça la profession d’apothicaire-épicier à […]

Le ponceau de bois

Le ponceau de bois

L’automne a déroulé son beau tapis doré que la neige recouvrira bientôt.  L’un de mes concitoyens a fait ce joli ponceau en rondins de bois afin que l’on y traverse le ruisseau entre deux champs.  Bientôt nous y ferons de la raquette.  L’eau ne gèle […]

La solitude

La solitude

Une image: celle de la solitude, de l’hiver naissant, des sentiers déserts et du soleil mourant de fin d’après-midi…  Cette image me correspond à ce moment précis de ma vie.  Suis-je la seule?

Mais elle recèle aussi une sagesse née de l’introspection et voilà le but que j’essaie d’atteindre.  Le chemin est long mais c’est quand on marche le moins vite qu’on voit le mieux le paysage.

 

 

 

 

Automne: chronique d’une mort annoncée

Automne: chronique d’une mort annoncée

Faut-il pleurer l’automne ou bien le célébrer?  L’automne, c’est la confiance: c’est laisser les oiseaux s’envoler parce que l’on sait qu’ils reviendront. C’est le frimas sur les vitres, le givre sur l’étang. Entrer dans un sommeil pour être réveillée par un prince, le printemps. C’est le réconfort d’un café aux épices quand les terrasses sont froides…

Potage d’automne à la courge musquée et au cari

Potage d’automne à la courge musquée et au cari

Envie d’une soupe d’automne épicée et santé?  J’ai concocté pour vous (et goûté, rassurez-vous) ce délicieux potage qui ravira vos convives.  En plus, il est facile à réaliser!     Ingrédients: 1 oignon blanc haché 2 tasses de bouillon de légumes 1 c. à table […]

Les grandes épidémies dans l’histoire du Québec

Les grandes épidémies dans l’histoire du Québec

La survenue de maladies infectieuses est documentée depuis des millénaires dans l’histoire de l’Homme.  Elles ont fait des millions, voire milliards de morts à travers les âges.  La peste noire a fait à elle seule des centaines de millions de victimes, à une époque où l’on ignorait tout des causes et des moyens de la prévenir ou de la soigner.  L’histoire des maladies infectieuses est intimement liée à celle des transports.  Le Québec se retrouve à jamais marqué par l’histoire de ces épisodes meurtriers.

LA VARIOLE

La variole apparut en Nouvelle-France dès l’arrivée de Jacques Cartier.  L’hiver suivant, les autochtones de Stadacone (site actuel de Québec) qui avaient établi un premier contact avec les Européens contractèrent une mystérieuse maladie qui ne semblait affecter ni Cartier ni ses hommes.  Des historiens confirmeront plus tard qu’il s’agissait bien de la variole, que l’on nommait aussi « picote » ou « petite vérole ».  D’ailleurs, Christophe Colomb, arriva sur place 70 ans plus tard et trouva les lieux déserts. 

En 1639, la maladie mena au décès de la moitié des Amérindiens de la nation huronne.  Elle fit des ravages pour les trois années suivantes.  Seul fait heureux de cette triste époque: les Augustines débarquèrent à Québec où elles fondèrent l’Hôtel-Dieu.  Elles y soignèrent sans scrupules les autochtones atteints de la variole.

La maladie réapparut encore en 1661 et décima presque au complet la tribu montagnaise Attikamekw disséminée le long de la rivière Saint-Maurice.  Elle affecta ensuite les Iroquois, les Algonquins et les Montagnais.  Deux ans plus tard, elle toucha 40 membres de la garnison royale de Sainte-Anne.  En 1678, elle frappa Sault St-Louis et sévit parmi toutes les nations indiennes.  Elle décima, en outre, le village de Kahnawake.  

C’est à l’hiver 1687-1688 qu’elle atteignit aussi les Canadiens, faisant des centaines de morts.  D’autres épidémies eurent lieu en 1690, 1697 et 1699 malgré les mesures sanitaires mises en oeuvre dans les grandes villes.  Les indiens Mohégans furent particulièrement affectés.

Le 18e siècle marqua l’apogée de cette maladie infectieuse, avec de nombreuses épidémies qui touchèrent les villes de Québec, Trois-Rivières et Montréal, ainsi que les campagnes environnantes.  Dès l’automne 1702, un chef indien reçut l’hospitalité dans une famille de la basse-ville de Québec où il tomba très malade.  Son corps se couvrit de pustules et il mourut en l’espace de trois jours.  Malheureusement, le mal se répandit à la famille qui l’avait accueilli puis à toute la ville.  Chaque jour, on transportait les corps des défunts dans l’église de la Basse-Ville où ils se retrouvaient entassés et le soir venu, on inhumait ensemble jusqu’à 17 ou 18 morts.  Et cela dura des mois!  Les Ursulines de Québec laissèrent des écrits sur les origines de cette épidémie qui nous informent que les prêtres et leurs ecclésiastes furent parmi les premières victimes, « morts de fatigue et de compassion » comme elles le disent si bien.

En 1733, l’une de ces épidémies dura cinq mois et fit à nouveau des centaines de morts, autant chez les Canadiens que chez les Amérindiens.   Deux ans plus tard, des réfugiés acadiens fuyant l’occupation anglaise introduisirent malgré eux la variole dans Québec, faisant 500 morts, soit une personne atteinte sur cinq.  

En 1750, sur les 800 hommes de troupes envoyés au port de Québec, plus des deux tiers furent atteints de ce qu’on croyait être une grippe sévère.  Ils furent hospitalisés à l’Hôtel-Dieu de Québec.  La majorité des religieuses qui y œuvraient furent contaminées.

La maladie se perpétua au cours des ans avec un lourd bilan, si bien qu’en 1779, tous les cimetières étaient remplis.  On ouvrit le « cimetière des picotés » tout près de cet hôpital.  Toute la colonie fut touchée.  Ce cimetière fut fermé en 1858 pour cause d’insalubrité et les sépultures déplacées dans d’autres cimetières car les habitants des alentours se plaignaient des odeurs fétides qui s’en dégageaient.

Durant les années 1760, les troupes anglaises distribuèrent délibérément des couvertures infectées par des patients atteints de variole aux tribus iroquoises.  Le perfide sir Jeffery Amherst, dirigeant de l’armée britannique, conseilla ainsi le colonel Henry Bouquet:

« Vous ferez bien d’essayer d’inoculer les Indiens par le biais de couvertures, en plus de tenter toute autre méthode qui pourrait servir à supprimer cette race facilement manipulable. »

1765 se révéla une année charnière, celle de l’inoculation de la variole grâce à l’arrivée du médecin britannique James Latham.  Il « variolisa » d’abord 300 personnages éminents de la ville de Québec et 200 autres de Montréal.  Une autre épidémie, dix ans plus tard, frappa les troupes américaines et britanniques pendant l’invasion américaine et l’inoculation fut alors pratiquée plus largement dans la colonie.  Cette fois, la maladie força les troupes américaines à se retirer du Québec.  953 des 981 morts étaient des Canadiens français.  Des médecins furent dépêchés dans la région de Baie Saint-Paul l’année suivante pour y soigner les malades.  En 1783, la variole fit encore 1 100 morts, autant à Québec que chez les Amérindiens.  

C’est en 1796 que le Dr Edward Jenner développa un vaccin à partir du virus de la vaccine de la vache (« cowpox »).   Cet apothicaire anglais s’inquiéta du sort d’une jeune laitière qui lui semblait malade.  « Je ne peux pas avoir la variole car j’ai eu la vaccine », lui dit-elle.  Établissant un lien entre l’infection à la vaccine de la vache et le fait d’être protégé contre l’agent responsable de la variole, il lui vient ainsi l’idée de prélever du pus des pustules de Sarah Nelmes, qui avait des cloques de vaccine sur les mains, pour l’inoculer à un jeune garçon, James Phipps.  Celui-ci n’eut jamais la variole.

En 1830-1832, la maladie fut réintroduite en Nouvelle-France par des bateaux infectés et frappa surtout des enfants.  Grâce à la vaccination, de moins en moins de gens furent atteints de la variole.  La vaccination devint obligatoire en 1885.

Mais 1885 est aussi l’année où la variole réapparut au Québec.  Un certain George Longley, contrôleur de la Grand Trunk Railway en provenance de Chicago, arriva à Montréal avec une éruption cutanée et des rougeurs sur le corps.  Les médecins du Montreal General Hospital y reconnurent la variole et refusèrent de l’admettre, si bien qu’il se retrouva dans une chambre isolée à l’Hôtel-Dieu de Montréal.  Il obtint son congé trois semaines plus tard.  Deux jours après qu’il eut quitté l’hôpital, Pélagie Robichaud, une jeune servante acadienne qui y travaillait, en fut frappée et mourut une semaine après.  La soeur de Pélagie, Marie, la suivit dans le trépas.  On comprit vite que toutes les salles de l’Hôtel-Dieu étaient contaminées et que bien des patients, dont un certain nombre avaient eu leur congé, étaient porteurs de la terrible maladie.

Encore là, il était trop tard: l’épidémie dura jusqu’en décembre et fit 5 864 morts, dont une immense majorité étaient des enfants.  91.3% des victimes étaient des Canadiens français convaincus par l’Église catholique qu’il s’agissait d’un fléau envoyé par Dieu pour punir la débauche et qui refusaient la vaccination.

 

En 1885, une charette sillonnait les rues de Montréal pour recueillir les victimes.

 

Certains arrachaient même les affiches incitant à la vaccination et saccagèrent l’hôtel de ville, les bureaux des magistrats municipaux et les pharmacies.

 

Des émeutes éclatent à Montréal où les Canadiens français qui s’opposent à la vaccination saccagent des lieux publics.

 

Deux clans s’affrontèrent, jusqu’à ce que la situation devienne si préoccupante que le maire Honoré Beaugrand décide d’imposer l’isolement des malades et la vaccination obligatoire.  Montréal fut placée en quarantaine.  Les rues étaient désertes, les commerces, les débits de boissons, les salles de danse et les théâtres fermés.  Pour donner l’exemple, des membres haut-placés du clergé se firent vacciner en public.  On pratiqua l’isolement des individus et même des familles atteintes à grande échelle.  Les victimes étaient si nombreuses qu’il fallut rouvrir l’hôpital des varioleux à Montréal.  Ce fut surtout la presse anglophone qui incita les autorités à mettre de l’avant des mesures sanitaires appropriées.  

 

Sources: Archives Nationales
La pratique de l’isolement des malades

 

Pas moins de 2 500 Montréalais avaient été emportés par cette épidémie.  Le Québec est la province canadienne qui souffrit le plus de la variole.

 

Les victimes de la variole, si elles survivaient, demeuraient stigmatisées à jamais

 

LE TYPHUS

On l’appelait le « choléra asiatique ».  Sa présence fut signalée pour la première fois en Irlande en 1845.  Comme le mildiou s’attaquait à une variété de pomme de terre qui était à la base de l’alimentation des Irlandais, menant à la Grande Famine, ceux-ci furent contraints de s’expatrier.  Encouragés par la royauté, plus de 90% d’entre eux choisirent la Nouvelle-France.  La première épidémie de typhus recensée dans la colonie eut lieu en 1659, 20 ans après la première grande épidémie de variole.  Elle y fut introduite par un bateau en provenance de la France, le Saint-André, qui transportait 150 immigrants.  Comme la maladie voyageait grâce au transport maritime, on la nommait aussi la « fièvre des navires ».

Et pour cause!  La vie à bord de ces embarcations maritimes était tout sauf agréable.  Les bateaux, en majorité conçus pour le transport du bois, accueillaient jusqu’à trois fois plus de personnes que ne leur permettait l’espace.  Il n’y avait pas de toilette.  Il y avait des rats partout.  La chaleur était écrasante.  Les gens faisaient la file pour dormir.  

 

La vie était difficile pour les passagers.

 

En 1665, le navire Justice aborda à Québec avec 100 morts à son bord, tous atteints du typhus.  Une nouvelle épidémie eut lieu cette année-là.  En 1685, ce furent les navires Le Fourgon et Le Mulet.  Le bilan fit état d’une centaine de victimes.

Et comme pour la variole, le 18e siècle s’avéra terrible pour les colons: le typhus y réapparut en huit épidémies.  Le 16 août 1734, le navire Ruby accosta à Québec avec 150 malades à son bord.  Il n’y avait pas assez de place à l’Hôtel-Dieu pour tous les accueillir.  Un célèbre médecin, le Dr Michel Sarrazin tomba malade en les soignant et en mourut.

Une autre épidémie sévit de 1742 à 1746.  Cette dernière toucha particulièrement Montréal.  La France envoya plusieurs navires de guerre au Canada dans le but de reprendre Port-Royal en Acadie.  Des 3 150 soldats à leur bord, 1 200 périrent en mer et 1 130 au bassin Bedford.  La variole décima aussi le tiers des indiens Mi’kmaqs la même année.  En 1757, le typhus fut amené à Québec par des réfugiés acadiens fuyant l’occupation anglaise et il fit plus 500 morts.

À l’été 1847, la plus grande épidémie de ce genre frappa le Bas-Canada.  Il s’agit évidemment du typhus.  422 voiliers insalubres et impropres au transport de personnes quittent l’Irlande pour le Canada.  Avant même d’être rendus, 4 429 passagers avaient déjà succombé à la maladie.  Les navires chargés d’immigrants irlandais qui s’amarraient habituellement aux quais du port central furent détournés vers d’immenses hangars construits à Pointe Saint-Charles qui accueillirent 10 000 malades étendus deux par deux ou même trois par trois sur des paillasses rudimentaires, dont le tiers trouvèrent la mort.  De grandes tentes furent aussi érigées sur le terrain du Montreal General Hospital. Les Soeurs Grises, qui soignaient les malades, décrivent ainsi l’épidémie:

« Des centaines de pestiférés dans la saleté la plus dégoûtante, gisant pour la plupart sur le plancher nu, aux prises avec la mort et dans des souffrances que la plume se refuse à décrire. »

L’épidémie aurait ainsi fait près de 18 000 morts, dont 7 000 victimes à Montréal, 8 000 à Québec et à la Grosse-Île et 5000 en mer.  De ce nombre, 6000 Irlandais succombèrent à Pointe Saint-Charles et 1 000 autres à l’Hôpital de la Marine à Québec.  18 religieuses et 25 prêtres qui les avaient soignés périrent aussi.  Le maire de Montréal, John Easton Mills s’était porté volontaire pour soigner les malades, un geste qu’il paya de sa vie.  Des centaines d’orphelins finirent par errer dans les rues de Montréal.  

 

Monument en hommage aux victimes du typhus à Pointe Saint-Charles

 

Une autre épidémie de variole frappa Montréal de 1872 à 1874 et la maladie demeura endémique jusqu’en 1881.  L’année 1874 vit à elle seule 981 décès dont 97.2% étaient des Canadiens français.

 

LA GRIPPE

La grippe se répandit en Nouvelle-France en 1700, causant de nombreux décès, particulièrement chez les personnes âgées.  L’une des plus grandes épidémies contamina 30 000 habitants de Québec et laissa derrière elle plusieurs morts. Cela se passait en 1826.

Une pandémie d’influenza sévit dans le Bas-Canada de 1830 à 1832, puis la maladie resurgit sous forme d’épidémie dans les années 1836-1837, 1847-1848 et 1880-1890.  Chacune dura de 6 semaines à deux mois, la dernière durant une décennie amena avec elle des complications pulmonaires qui firent davantage de victimes.  À Havre-Saint-Pierre, 12 adultes et plusieurs enfants en décédèrent.

La pandémie de grippe espagnole qui frappa le Québec entre septembre et novembre 1918 constitua l’un des épisodes plus sombres de son histoire.   Cette forme de grippe pénétra d’abord aux États-Unis par un navire médical où plusieurs des blessés en étaient atteints.  Elle y tua rapidement des dizaines de milliers de personnes chaque jour.  Tous les lieux de réunion publique furent fermés et l’on creusa des tranchées avec l’aide de pelles à vapeur pour enterrer temporairement les victimes.

De sa première apparition à Victoriaville, le fléau se répandit rapidement.  Au Québec, la maladie atteignit 530 000 personnes, causant entre 8 000 et 14 000 morts, selon les sources.  Il y en eut 50 000 au Canada et 22 millions de par le monde.  C’est sans compter les nombreux orphelins.  Encore de nos jours, rien ne peut expliquer la disparition brutale de la grippe espagnole en 1919.  Ce que l’on sait par contre, c’est que la souche en cause est la  H1N1, de quoi faire trembler les autorités sanitaires du monde actuel.

 

Trois religieuses lors de l’épidémie de grippe espagnole de 1918

 

Contrairement à ce que l’on a pu croire, cette grippe ne fut pas causée par des boîtes de conserves importées d’Espagne, mais elle était plutôt originaire de la Chine.  On dit qu’elle causa entre 20 et 40 millions de morts partout dans le monde pendant la Première Guerre Mondiale, mais le chiffre de 100 millions de morts fut avancé pour tout le 20e siècle.  Elle aurait donc tué plus de gens que les deux guerres mondiales réunies.  À Montréal, l’installation d’un réseau d’égouts sanitaires en 1932 fut un important facteur de décroissance des épidémies.

La grippe asiatique frappa le monde en 1957, laissant derrière elle quatre millions de morts, puis la grippe de Hong Kong fit deux millions de morts en 1968.  

 

LES FIÈVRES

La colonie connut des épidémies de fièvres diverses.  Il y eut d’abord la fièvre jaune, appelée aussi « mal de Siam » en 1709 et 1710 (mort des matelots malades venus des Antilles, de six infirmières et de 13 prêtres de l’Hôtel-Dieu de Québec), la fièvre maligne en 1734, la fièvre pestilentielle en 1740, amenée de La Rochelle par le navire Rubis. La suivante fut la fièvre typhoïde qui frappa Montréal en 1779.  Ses ravages se répandirent de Québec à Montréal en 1799-1800.  Une autre frappa Québec seulement en 1827.

Pour sa part, la typhoïde atteignit 1 000 personnes fin 1909 / début 1910 avant d’émerger à nouveau à Montréal en 1927, faisant 453 morts sur les 4 755 personnes atteintes.

 

LA ROUGEOLE

On ne peut passer sous silence les ravages faits dans le monde par la rougeole car ils démontrent la sévérité de cette maladie.  En 1527, elle tua la moitié de la population du Honduras et dévasta le Mexique, l’Amérique centrale et la civilisation Inca.  En 1529, elle décima les deux tiers de la population de Cuba qui avait survécu préalablement à la variole.  

Au Québec en 1687, la première épidémie de rougeole toucha toute la colonie.  On n’a pas idée du nombre de victimes à l’époque, mais la maladie resurgit en 1714 dans la ville de Québec, où elle entraîna 302 décès.

En 1721, la goélette La Princesse de Miscou arriva à Québec transportant deux matelots atteints de rougeole.   L’intendant défendit aux marins de mettre pieds à terre tant qu’ils ne seraient pas tous guéris.  C’est peut-être l’histoire d’une épidémie évitée… 

La rougeole sévit de nouveau à Montréal en 1880, 1885 et 1957.

 

LA SYPHILIS

On ne s’attend pas à voir la syphilis au rang des maladies infectieuses qui ont causé des épidémies au Bas-Canada.  Et pourtant, apparue à Baie Saint-Paul en 1773, elle se propagea rapidement dans la majorité des paroisses de la colonie en 1775.  On la surnomma même le « mal de la Baie de Saint-Paul« .  Son caractère épidémique remonte à 1782 malgré les soins prodigués par plusieurs médecins dépêchés sur place.

Trois ans plus tard, le Dr J. Bowman publia une brochure intitulée « Direction pour la guérison du mal de la Baie de Saint-Paul » dans laquelle il remit en question que ce mal soit causé par la syphilis.  Des médicaments et des copies de cette brochure publiée aux frais du gouvernement furent envoyés dans les paroisses.  Deux médecins furent dépêchés sur place pour soigner les malades, surtout avec du mercure.

 

LE CHOLÉRA

Son seul nom fait peur.  La première épidémie canadienne eut lieu en 1832.  Le 2 juin de cette année-là, plus de 7 000 immigrants irlandais arrivèrent à la Grosse-Île à bord de bateaux surchargés.  Plusieurs d’entre eux étaient manifestement atteints de la maladie.  Le gouvernement y ouvrit alors un centre de quarantaine où on dirigea directement les immigrés de l’Angleterre et de l’Irlande qui avaient le choléra.  D’autre part, on ne les isolait pas et certains malades qui étaient en période d’incubation continuèrent à voyager.  Six jours plus tard, le navire Charrick en provenance de Dublin, en Irlande, arriva à Québec avec seulement 133 passagers vivants à son bord alors qu’ils étaient 192 au départ.  Il fallut deux jours seulement pour que l’épidémie gagne Montréal.  Les riches quittèrent la ville tandis que les gens apeurés se cloîtrèrent chez eux.

En 11 jours, on enterra 149 nouvelles victimes. Rapidement les prêtres devinrent incapables de tenir à jour les registres de décès.  En 22 semaines, 9 000 Canadiens en moururent.  Il y eut près de 11 000 cas au Québec dans la seule année 1832, dont 6 800 décès.  De ce nombre, il y eut 3 451 morts à Québec (sur une population de 20 000 personnes), dont la majorité en Basse-Ville, et 2 000 à Montréal.  On raconte que des malades en état de léthargie, mais pas tout à fait morts, furent inhumés. 

Alors que l’on croyait être venus à bout du choléra, le navire Eleanor, aussi venu de Dublin, transporta un marin atteint du choléra à la Grosse-Île en 1834.  Le bilan s’éleva à 264 morts dans l’île et 2 400 dans le Bas-Canada. 10% de la population de Québec disparut dans ce fléau.

 

Lazaret des passagers de première classe à la Grosse-Île

 

Trois épidémies majeures frappèrent le Canada par la suite.  La première causa, entre fin mai 1849 et la mi-octobre de la même année, 2 000 morts à Québec, Montréal et Toronto.  Elle se manifesta d’abord à Kingston dans le Haut-Canada, en provenance des États-Unis.  Lorsqu’elle atteignit Québec, la population en panique prit d’assaut et détruisit la caserne de police que l’on voulait transformer en hôpital pour les « cholériques« .

La seconde épidémie, du mois d’août au début octobre 1851, fut introduite par un groupe d’immigrants allemands descendus dans un hôtel de Québec.  Elle se solda par 250 morts à Québec et une soixantaine à Montréal.  Enfin, l’épidémie qui sévit du 25 septembre au 9 novembre 1852, introduite par le navire Advance en provenance de New York,  fit 200 morts, principalement à Québec.  Le centre de l’épidémie sembla être une maison de chambres de la rue Champlain où logeait un dénommé McKnight.

 

Départ de Hambourg d’un steamer chargé d’émigrants allemands

 

Comme si toutes ces morts ne suffisaient pas déjà, le choléra fut réintroduit à la Grosse-Île le 15 juin 1854 par le navire Glenmanna en provenance de Liverpool.  De Québec aux Grands Lacs, cet épisode fit près de 3 500 morts.  

En 1885, le médecin espagnol Jaime Ferràn développa un vaccin contre le choléra.

 

LA SCARLATINE

La fièvre scarlatine frappa Montréal à l’hiver 1857.  La ville de Montréal ouvrit alors un hôpital francophone, situé dans l’ancien Hôpital civique de la rue Moreau, et un hôpital anglophone.  160 jeunes patients y séjournèrent, dont 29 périrent.  En tout, l’épidémie aurait fait 687 morts.  Une autre eut lieu à la fin des années 1880.  En 1894-1895, la scarlatine fit 687 morts.

 

LA TUBERCULOSE

La tuberculose fut une sorte d’épidémie silencieuse.  Dans les campagnes comme dans les villes, nombreux sont les couples qui perdirent des enfants à cause de cette infection.  Dans la seconde partie du 19e siècle, on dénombrait au moins 400 décès annuellement qui y étaient attribuables dans la seule ville de Montréal.  Au début du 20e siècle, sa prévalence dans la population de la ville de Québec était toujours très élevée.  C’était d’ailleurs pour soigner les gens atteints de cette maladie que l’on fonda l’Hôpital Laval en 1916.  Dès son ouverture en 1918, il fut le premier hôpital nord-américain dédié aux soins des tuberculeux.

 

LA POLYOMYÉLITE

Lors de l’épidémie de poliomyélite qui sévit entre 1949 et 1954, quelque 11 000 Canadiens se retrouvèrent handicapés.  50 000 personnes en souffrirent au Canada entre 1927 et 1962, dont 4 240 en furent emportés.  1946 fut la grande année de la polio au Québec.  En un seul jour, le 8 août, 76 cas de paralysie infantile furent identifiés dans les hôpitaux de Montréal.  Les autorités se virent contraintes de reporter le début des classes.  1 enfant sur 1 000 fut touché par cette épidémie, surtout à Montréal.  20% en gardèrent des séquelles irréversibles.  La dernière épidémie de polio eut lieu au Québec en 1959.  Elle fit 40 morts sur les 1 172 cas diagnostiqués.  

Cette maladie paralysait les muscles, dont ceux requis pour la respiration.  On devait donc placer les gens dans des « poumons d’acier » qui servaient de support à la respiration.  Cet appareil permit de sauver des milliers de vies.  Il y eut 9 000 cas en 1953 et 500 morts.  Le vaccin Salk arriva en 1954 et se révéla efficace contre les trois souches de polio, soit PV1, PV2 et PV3.  7 000 Canadiens reçurent le vaccin Salk entre 1955 et 1961.  

 

Utilisation des poumons d’acier lors d’une épidémie de poliomyélite

 

LA DIPHTÉRIE

Une épidémie de cette maladie infectieuse frappa le Québec entre 1887 et 1891.  Le 31 mai 1893, le steamer Oregon se trouva dans l’obligation de faire escale à Grosse-Île vu que cinq de ses 600 passagers étaient atteints de la diphtérie.  La maladie se rendit certainement à Québec car on termina en 1904 la construction du « pavillon des contagieux » de l’hôpital Jeffery-Hale, situé coin Turnbull-Lockwell, afin d’y mettre en quarantaine des personnes atteintes de la scarlatine et de la diphtérie.   Cependant, les archives nous renseignent peu sur le sujet.

En conclusion, nous vivons à une époque où des maladies infectieuses que l’on croyait éradiquées tendent à resurgir.  Il semble que pandémies et épidémies se passent en silence ou encore, bien loin de nous.  Pourtant, nombre de maladies infectieuses potentiellement mortelles subsistent dans le monde moderne, soit dans des laboratoires, soit dans des pays pauvres.  Des maladies nouvelles arrivent de je-ne-sais-où et menacent la population mondiale à une époque où les transports sont omniprésents.  De plus, il a été maintes fois démontré que les agents responsables des maladies infectieuses sont capables de muter rapidement pour s’adapter à de nouvelles conditions et que les connaissances scientifiques actuelles ne font parfois carrément pas le poids lorsqu’il s’agit de prévenir ou de traiter des infections telles que les souches les plus virulentes d’influenza.  

 

Sources (toutes consultées les 15-16 et 17 septembre 2017): 

 

 

La fille de l’ISSO

La fille de l’ISSO

Je m’en fais pour l’environnement que l’on gruge petit à petit à grands renforts d’excuses fumantes. « La faune, elle s’en ira ailleurs ».  Elle n’a qu’à s’en aller dans la forêt, la faune.   Et la flore, elle marche aussi, c’est bien connu.  On sait tous […]


Mes pensées

On a tous une forêt dans le coeur

On a tous une forêt dans le coeur

C’est aujourd’hui que j’ai choisi pour vous parler de ma forêt.  On a tous une forêt dans le cœur.  Elles sont belles quoique différentes.  Certaines sont idylliques, d’autres réelles.  La mienne est un mélange des deux.

J’y suis allée dès que j’ai pu marcher.  Il y avait tant de chemins qui nous invitaient à les suivre!  Pour avoir grandi dans une forêt dense, une forêt sans nom, pour en avoir fait un terrain de jeu avec mes frères et sœur, je vois la beauté dans chaque arbre de ce monde, qu’il soit planté seul dans une ville polluée, tordu comme un ressort, ou parmi des dizaines de milliers d’autres.  Bien des parents auraient interdit à leurs enfants de s’approcher trop près des bois en leur disant « Prenez garde aux animaux ».  Mais nos parents connaissaient assez la forêt pour ne pas nous inculquer la peur.  Ils avaient déjà vécu libres, eux aussi.

La forêt de mon enfance avait ceci de beau qu’elle était habitée par des milliers de créatures rieuses qui étaient partout, pas comme dans les forêts modernes où, rares, elles se cachent sans fin.  Élans, ours,  écureuils, lièvres, castors, loutres, tamias, chiens de prairies, souris, loups, renards, musaraignes, ratons laveurs, coyotes, blaireaux, mouffettes, etc.  Ils pullulaient dans la région.

Ma forêt était peuplée d’oiseaux qui pépiaient et souvent, seul le bruit de leurs ailes quand ils s’élançaient des arbres nous signalait leur présence.   On y trouvait souvent des nids et quelquefois, des œufs à l’intérieur, mais on n’y touchait pas.   Il y avait aussi des ruisseaux qui chantent et nous aimions examiner l’eau à la recherche d’une forme de vie.  Quand il faisait chaud et que nous étions fatigués, nous y buvions un peu avant de poursuivre nos expéditions.  Il n’était pas de sons plus agréables et qui inspirent autant le calme que ceux de cet endroit enchanté.  L’équilibre de mon âme en dépendait.

La plus grande gamme de coloris avait été déposée là par le plus brillant des artistes: la Nature.  Mes bois étaient surtout peuplés de conifères.  Ils en portaient les odeurs au loin.  Ils se trouvaient à une distance telle qu’un enfant puisse marcher entre leurs branches.  Mais il est vrai que de temps en temps, j’ai recueilli quelques égratignures, que j’ai rampé sous les plus bas rameaux.  Ma pauvre mère en a lavé du linge sale!  Cela n’avait d’ailleurs aucune importance ni pour elle ni pour moi.  Chaque cicatrice de mes genoux et de mes coudes me rappelle de bons souvenirs.  Les abords de la forêt ont vu s’installer peu à peu quelques feuillus, des bouleaux noirs et à papier et des trembles.  Ces derniers avaient des feuilles qui brillaient au soleil comme des milliers de paillettes et lorsque le vent se levait, elles avaient des sons musicaux.

La forêt avait de ces lumières si particulières qui changent le regard que l’on porte sur les choses.  Elle exposait la complexité de la Nature, sa sagesse infinie, des rainures dans les feuilles qui n’étaient jamais tout à fait semblables, jusqu’aux grandes plantes dont je recueillais de la mousse pour la mettre dans mon oreiller.  Elle filtrait à travers les arbres, comme quoi la lumière peut toujours gagner sur la pénombre.  Ses rayons se décomposaient.  Au printemps, ils venaient à bout de la froidure des plus profonds hivers.

Le temps n’était pas compté.  Cela aurait définitivement tout changé.  Nous étions protégés du besoin de prévoir sans cesse l’avenir.  Nous n’avions pas de sacs à dos remplis de vêtements de rechange, de vestes de pluie, de bouteilles d’eau et d’allumettes.  Quand je regarde en arrière, je ne peux que me demander comment nous en sommes arrivés à ce monde stressé, hypertendu, insomniaque.  Alors que cette paix nous est si accessible!

Bien avant Dora et Indiana Jones, j’étais exploratrice.  Encore aujourd’hui, rien ne me ravit autant que de me faire aventurière.  Et même quand je repasse plusieurs fois au même endroit, la forêt n’est plus tout à fait la même au fil des jours… au fil des secondes!  À cette époque, il n’y avait pas de planches.  Il y avait des cabanes.  Il n’y avait pas de sentiers.  Il y avait des défis.  Il n’y avait pas de iPad.  Il y avait la forêt.

Cette forêt  est mon temple.  Elle est ma vie.  Il est beau de rêver que quelque part, il y a encore une forêt intouchée et qui le restera.


Scroll Up