Hydro-Québec: 5 énergies alternatives pour échapper au monopole

Hydro-Québec: 5 énergies alternatives pour échapper au monopole

Les compteurs tournent et tournent et Hydro-Québec pige de plus en plus dans nos poches.  Les hivers sont rudes au Québec et nos économies familiales pourraient bien être compromises par la hausse des tarifs d’électricité.  D’ailleurs, on n’en voit plus la fin, tandis que les profits engrangés par cette entreprise « nationale » sont indécents.  La concurrence existe mais elle est encore trop discrète et pas assez avantageuse pour la plupart d’entre nous.  C’est en voyant grimper ma facture de courant que j’ai décidé d’explorer différentes alternatives.

Une petite éolienne domestique est un choix sensé mais pas si facile à mettre en place.  Pour le modèle le plus populaire, le AirX offert dans les magasins Batteries Expert, l’installation de tout l’équipement requis coûte environ 2600$ et nécessite d’avoir un terrain assez grand pour y placer une tour de 33 pieds de haut.  Elle ne fonctionnera évidemment que lorsqu’il y aura du vent.  De plus, l’éolienne fournira une énergie d’appoint pour alimenter des petits appareils électriques.  Il faut donc allier plusieurs énergies différentes et le coût pour alimenter une maison unifamiliale se situera facilement autour de 40 000$.  

Est-ce rentable à long terme?  Si le système est très bien entretenu et ne nécessite que des réparations ou remplacements mineurs, c’est possible.  Dans mon cas, il faudrait 22 ans pour rentabiliser tout le système mais c’est sans compter la hausse constante des tarifs d’électricité.  Je fais le pari que d’ici 15 ans, ce serait de l’argent bien investi!

J’ai aussi envisagé l’électricité solaire photovoltaïque ou PV.  Les capteurs doivent avoir une inclinaison suffisante pour ne pas permettre l’accumulation de neige et dans la mesure du possible, être orientés vers le Sud.  La production dépendra de l’ensoleillement mais de façon conservatrice, les experts estiment entre trois et cinq heures l’ensoleillement journalier dans le Sud de province.  

Encore là, le recours au PV est plutôt accessoire, c’est-à-dire qu’il ne comblera pas les besoins entiers d’une famille.  On l’envisage surtout pour s’éclairer et faire fonctionner de petits appareils électriques.  Il ne sera pas utile pour les plus gros appareils et pour le chauffe-eau.  

Le prix des modules photovoltaïques est en forte baisse depuis le début de ce millénaire.  Le coût estimé pour produire 11 kilowatts-heure par an se situe autour de 20 000$.  Cela peut suffire aux besoins d’une famille.  La durée de vie des composantes est d’environ 25 ans.  

Il y a deux cas de figure où le photovoltaïque sera rentable à long terme.  De un, si vous avez les connaissances et les habiletés pour l’installer vous-même.  Et de deux, si vous êtes reliés au réseau public d’Hydro-Québec.  La société d’État vous fournira sans frais un compteur à double registre.  En été, lorsque l’ensoleillement est à son maximum et que vous êtes moins souvent chez vous, vous pourrez offrir vos surplus à Hydro-Québec.  En hiver, vous pourrez en disposer.  L’entreprise ne rachète pas les surplus.  Par contre, vous pouvez vous en servir dans un délai de 24 mois.  Pour être raccordé au réseau, il faut payer 400$ pour une inspection en vue de confirmer que votre système est installé en bonne et due forme.  

Avec le photovoltaïque, on n’a pas à investir une grosse somme d’un coup.  On peut s’équiper progressivement en rajoutant des panneaux.  Notre consommation annuelle d’électricité est difficile à estimer.  La solution est de se procurer un appareil appelé wattmètre qui mesurera précisément la consommation de chaque appareil électrique.  Cela inclut la fameuse « charge fantôme » qui est en fait la consommation des appareils qui fonctionnent même lorsqu’ils sont éteints, comme la télévision et le micro-ondes.   Cela représente de 2 à 10% de notre facture d’électricité.  

Parlons maintenant de la biomasse, un concept qui était très flou dans mon esprit à ce jour.  De quoi s’agit-il?  Ce sont en fait toutes les matières organiques (végétales, animales, fongiques et bactériennes) devenues des résidus de l’exploitation humaine, biodégradables et transformables en source d’énergie par combustion.   Au Québec, la biomasse forestière est la plus valorisée.  Il s’agit surtout des résidus de coupe et englobe les poêles à bois, foyers au bois, chaudières au bois, foyers de masse et foyers encastrables.  

Le principal inconvénient, ce sont les émissions de particules qui se dégagent de cette combustion.  Il est notamment question de dioxyde de carbone et de métaux lourds qui peuvent être très préjudiciables à la santé.  Par contre, un système certifié EPA ou LEED permet de réduire ces particules jusqu’à 90%.  En comparaison, les bûches de bois franc produisent moins de particules que les bûches compactées ou les granules.  

Le foyer de masse gagne la palme en matière de chauffage écologique, grâce à la double combustion.  La première chambre du foyer brûle le bois à 800 degrés Celcius.  La seconde brûle les résidus à 1000 degrés.  À la fin de la combustion, le foyer se ferme grâce à une trappe et la chaleur se diffuse par rayonnement ainsi que par convection dans le bâtiment.  La nature du foyer lui permet aussi d’emmagasiner de la chaleur dans ses parois puis de la diffuser.  Il doit être situé au centre de la maison.  

Il peut vous paraître surprenant que je mentionne l’énergie hydraulique comme une énergie alternative, alors que le Québec est la province de l’hydroélectricité.  Mais l’énergie hydraulique, c’est beaucoup plus que des barrages.  Les hydroliennes, par exemple, ça vous dit quelque chose?  Vous pouvez imaginer que ce sont des éoliennes sous-marines dont les pales tournent grâce à l’énergie des courants marins.  Leur base repose au fond de l’eau.

D’autres systèmes non moins ingénieux transforment la force de la houle en énergie grâce à des systèmes oscillants appelés « houlomètres ».  Il y a aussi les éoliennes « offshore » qui transforment en énergie la force des vents au large.  Enfin, il existe une technologie qui exploite la différence de température entre l’eau chaude de la surface et l’eau froide des profondeurs pour produire de l’électricité, de l’eau douce et de la fraîcheur pour les climatisations.

Tout cela peut nous sembler loin et ne pas apparaître comme une alternative viable pour le Québécois moyen dans un proche avenir.   Et pourtant, le Canada, pays qui s’étend « d’un océan à l’autre » compte déjà une centrale marémotrice de 20 mégaWatts en Nouvelle-Écosse et des projets-pilotes sont en cours dans cette province ainsi qu’en Colombie-Britannique.  La baie de Fundy a les marées les plus hautes au monde.  Il faut donc espérer qu’on nous offre, dans le court à moyen terme, une alternative du genre avec un prix concurrentiel.  

La géothermie est une énergie renouvelable qui se trouve très près de chacun de nous, sous la terre.  On récupère l’énergie de la terre pour chauffer des bâtiments, comme nos maisons, et produire de l’électricité.  Une énorme réserve d’énergie  venant directement du noyau de la terre, se trouve sous nos pieds.  Une pompe à chaleur géothermique va puiser dans une zone du sous-sol de notre planète où la température est stable, la chaleur qu’elle remonte vers les bâtiments.  En été, la pompe peut être inversée et retourner la chaleur des bâtiments à la terre!  La géothermie peut fournir jusqu’à 60% des besoins en chauffage d’un bâtiment.  

Il existe déjà plusieurs moyens d’utiliser la chaleur du sol pour produire de l’électricité et se chauffer.  D’ailleurs, plusieurs centrales géothermiques sont en opération de par le monde, qui alimentent en électricité quelques 60 millions de foyers!  Les avantages sont une énergie propre et renouvelable, un système facile d’entretien et une grande versatilité.  Le principal désavantage est un prix entre 20 000$ et 40 000$ selon la nature du sol à forer et la taille de votre habitation.  Et l’ampleur des travaux nécessaires, particulièrement pour une maison qui n’est pas neuve.

Après avoir considéré ces cinq énergies renouvelables, il semble qu’aucune d’elles ne constitue en elle-même une solution mais que plusieurs d’entre elles le deviennent lorsque placées en combinaison.  L’avenir les rendra sans doute plus faciles d’accès et plus abordables financièrement..  À moins qu’elle ne soient déjà supplantées par d’autres énergies comme les biogaz et à moins qu’une autre source d’énergie renouvelable ne nous tombe… des nuages!  

 

 



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