La mort de Mère L’Oiseau

La mort de Mère L’Oiseau
Il y avait quelque chose dans le vent ce jour-là
Qui a fait frissonner les âmes du sous-bois
Et ton cri s’est figé dans l’air, translucide
Le ciel était gris, menaçant et livide
 

 

Maudits soient les hommes derrière les murs de verre
Qui sont venus salir l’irréprochable hiver
Tu venais de naître, elle te fut arrachée
De la branche du chêne elle allait s’élancer
 


Ils ont laissé choir son corps ensanglanté
Longtemps tu es resté pour qu’elle se réveille
Et as vu la mort dans ses yeux se glacer
Ton chant n’a pas suffi à te garder près d’elle

 

 

Mon Dieu que tu as mal en ton coeur meurtri
Toi qui suivais son pas étoilé dans la neige
Et tu es seul au monde en orphelin transi
En sachant que tu es dernier de ton espèce
 

 

Il te reste des larmes et un vide absolu
Ah! comme elle était fière de te voir voler!
Mais quand tu te mires dans l’étang glacé
Elle n’est plus comme jadis, hélas à tes côtés
 

 

La forêt se referme sur toi comme un secret
Tu entends le pas lourd de l’indifférence
Franchir une fois de plus ta conscience en paix
Le bras pesant et voilà qu’à ton tour tu t’élances
 

 

Et tu t’en vas dormir dans des bras d’Émeraude
Tu n’as pas connu le printemps encore
Tu fus dans la mémoire le plus inoffensif
Des êtres que Dieu aura mis sur ma route…

 



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