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La mort de Mère L’Oiseau

La mort de Mère L’Oiseau

Il y avait quelque chose dans le vent ce jour-là
Qui a fait frissonner les âmes du sous-bois
Et ton cri s’est figé dans l’air, translucide
Le ciel était gris, menaçant et livide

Visite d’un pic mineur cet après-midi

Visite d’un pic mineur cet après-midi

Si ce n’est pas de la belle visite! Je me demande toujours s’il s’agit de Zoui-Zoui, un petit pic mineur sachant à peine voler qui a passé une journée parmi nous il y a deux étés… Depuis, il y a toujours un pic qui vient nous voir.

Expédition au coeur de la forêt d’Émeraude

Expédition au coeur de la forêt d’Émeraude

 

Aperçus dans la forêt d’Émeraude ce matin, les gros-becs errants étaient nombreux.  Beaucoup plus de mâles que de femelles.

 

Gros-becs: la femelle à gauche et le mâle à droite
Gros-becs: la femelle à gauche et le mâle à droite

 

Ils se font la cour sur leurs branches au loin, dans la torpeur de ce matin bruineux.  Leur chant réveille le lien qui nous unit à la vie, malgré la grisaille quotidienne.

Et ils sont entourés de leurs amis…

 

Le chardonneret jaune
Le chardonneret jaune

 

Le geai bleu
Le geai bleu

 

La corneille veille du haut de son arbre
La corneille veille du haut de son arbre

 

La forêt est belle ce matin, mais la campagne l’est toute autant. Quelques bruants des prés se présentent aux mangeoires.

 

Le bruant des prés
Le bruant des prés

 

Mais ce sont les bruants à couronne blanche qui volent la vedette. Ils y viennent par centaines.

 

Le bruant à couronne blanche
Le bruant à couronne blanche

 

Il n’est point de journée sans soleil pour celui dont la vie est à ce point animée.  

 

 

 

La marina de Roberval

La marina de Roberval

La marina de Roberval et ses dizaines de mats alors que l’été approche… à petits pas. De l’eau, ce n’est pourtant pas ce qui nous fait défaut.

Tourterelle triste

Tourterelle triste

Hier, la tourterelle s’est posée sur un fil électrique au loin et a fait entendre son chant pour célébrer ce premier jour de beau temps.

Apologie de la pauvreté

Apologie de la pauvreté

Il fut un temps, les gens étaient pauvres.  Des familles entières ont pleuré des larmes de sang en recevant la visite des huissiers.  Des pères et des mères ont fait leur budget en s’arrachant les cheveux.  Le boulanger et le laitier facturaient.  On ne parlait que de la crise. Au couvent, tous les écoliers connaissaient le sens du mot « faillite ». De temps en temps, un pupitre devenait inoccupé. Les familles quittaient notre petit patelin.

 

On passait des heures à regarder dehors, comme si l’on attendait qu’un miracle arrive, qu’un camion bourré d’argent vienne stationner dans la cour. Et nous étions les moins pauvres des pauvres de l’époque: chez nous les lumières étaient allumées le soir. Nous pouvions encore recevoir des amis. Les radiateurs à eau chaude émettaient toujours leur chaleur bienfaisante.  Mais au prix des sept jours de travail de mon père, dont cinq au loin, à Lac Edouard ou à Kiskissink, et deux autres à réparer « de la réguine », de la machinerie de toutes sortes qui s’entassait dans la cour et dont les résidants locaux avaient besoin pour nourrir leur famille.  Ils donnaient à papa ce qu’ils pouvaient.  On était pauvres, mais on avait du coeur.

 

Pauvre incitait à penser. C’est bien connu, la pauvreté rend philosophe. Elle porte à relativiser.

 

Pauvre voulait souvent dire innovateur, car il fallait d’abord inventer sa subsistance.

 

Le rejet nous apprenait quelque chose: il ne faut compter que sur soi.  À force de voir le dégoût dans le regard du mieux nanti, on s’apercevait que l’image était importante dans la société.

 

Les enfants ne naissent pas tous avec les mêmes chances.  On ne voit plus tellement d’enfants avec des chaussures trouées.  Mais il y a une nouvelle indigence.  Elle est de celles qui ne se voient pas de l’extérieur.  Des costumes-cravates aux poches vides.  Des gens qui se rendent aux urgences les derniers jours du mois en disant être malades pour qu’on leur donne à manger.  Des jeunes tombés en bas de leur illusion de société de loisirs. Des laissés-pour-compte des programmes sociaux qui se désagrègent. Des artistes talentueux et pourtant ruinés.

 

L’argent s’envole de nos poches, souvent avant qu’on ne l’ait gagné.  On ne possède plus l’argent.  C’est l’argent qui nous possède.  Il fut un temps, la vie était gaie.  Les gens avec lesquels nous étions étaient ceux qui tenaient vraiment à nous.  Il n’y avait pas de faux-semblants.  Je le sais, car j’étais la fille laide, la solitaire, l’intellectuelle avec ses livres, la première de classe, la débrouillarde.  En somme, j’étais celle qui n’avaient pas tellement d’amis.

 

La pauvreté a fait des gens forts.  Dolly Parton avait un « coat of many colors » (un manteau avec plein de couleurs).  Nous étions pauvres et heureux, pauvres mais plus riches que bien des gens de tout ce qui fait vraiment la vie.  C’était avant que la richesse rende cette société malade.  Avant que l’on se concentre sur ce qu’on n’a pas plutôt que ce que l’on a.  Avant que la compétition sociale ne nous abrutisse tous.

 

Rêver était gratuit.  Et ça l’est encore.

 

 

Même dans la forêt la plus profonde au monde…

Même dans la forêt la plus profonde au monde…

Même dans la forêt la plus profonde au monde, on est parfois moins seul que dans la foule.

Le fantôme des hivers passés

Le fantôme des hivers passés

Je me languis des hivers passés et je me sens comme le vieillard qui regarde des photos de sa jeunesse en espérant retrouver un jour ses vieux amis: tout ça me semble loin.

La vie est toujours belle dans la serre!

La vie est toujours belle dans la serre!

Ah le printemps! Les énormes falaises de neige de cet hiver fondent enfin. La terre dégèle. Des odeurs agréables envahissent l’air. Les oiseaux reviennent et la gaieté de leurs chants et de leurs danses nous est contagieuse.

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Les juncos ardoisés sont légions ici.
Les juncos ardoisés sont légions ici.

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Les pigeons sont aussi plus nombreux et moins effrayés. Leur chant fait nos matins.
Les pigeons sont aussi plus nombreux et moins effrayés. Leur chant fait nos matins.

Quiscale bronzé
Quiscale bronzé

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L’un d’eux s’est frappé contre la porte du patio et il fallait voir la mine déconfite de la belle Lola. Elle le sentait, me regardait, le retournait, me regardait avec l’air de dire « Mais tu vas faire quelque chose? » Le petit jaseur boréal avait le cou cassé et je n’ai pu le sauver. (Oui, je suis le genre de fille qui essaie de réanimer les oiseaux.) Sa famille l’attendait au pied d’un prunus Schubert et ils ne se sont envolés que lorsque j’ai déposé le petit corps du défunt au pied de l’arbre.

La pauvre Lola et son petit oiseau mort. Pas un instant elle n'a songé à le manger.
La pauvre Lola et son petit oiseau mort. Pas un instant elle n’a songé à le manger.

On voit bien la marque dans son cou, mais on espère. Ce sont des oiseaux si beaux.
On voit bien la marque dans son cou, mais on espère. Ce sont des oiseaux si beaux.

Perchés là-haut, ils semblaient vraiment l'attendre.
Perchés là-haut, ils semblaient l’attendre.

Malgré les températures qui descendent encore sous le zéro, il est temps d’ouvrir la serre! C’est une serre en polycarbonate Palram achetée en mai 2015. Nous l’avions montée un 4 juin. Il était donc trop tard pour démarrer des semis.

La serre à son premier hiver. Elle a résisté à autant de neige et de froid.
La serre à son premier hiver. Elle a résisté à autant de neige et de froid.

C’était vendredi dernier, le 15 avril. J’ai installé deux choses auxquelles je tenais: un chauffage et des jeux de lumières (des « fairy lights ») qui éclairent le petit bâtiment le soir.

Un radiateur de céramique fournit 1500 Watts sur un branchement domestique.
Un radiateur de céramique fournit 1500 Watts sur un branchement domestique.

Résultat de ma première journée: environ 100 semis. Ma plus belle découverte cette année, ce sont les pastilles de tourbe Jiffy. Je me les suis procurées dans une quincaillerie grande surface. Il s’agit d’ajouter de l’eau selon les instructions, de regarder les pastilles se gonfler, de faire un trou au centre de chacune et d’y insérer de une à trois graines à la profondeur indiquée. Les miennes ont germé en 5 jours!

Les fameuses pastilles de tourbe Jiffy, que j'aime, que j'aime!
Les fameuses pastilles de tourbe Jiffy, que j’aime, que j’aime!

Voilà le résultat quelques jours plus tard!
Voilà le résultat quelques jours plus tard!

Une alternative, les petits pots organiques Jiffy. J'y ajoute du mélange de terreau pour semences Miracle Gro.
Une alternative, les petits pots organiques Jiffy. J’y ajoute du mélange de terreau pour semences Miracle Gro.

La serre sent maintenant le terreau frais. Elle sent la vie. Je sais que d’ici peu, elle se parera de couleurs. Fréquenter la serre, environ deux heures par jour, c’est excellent pour la santé! D’ailleurs, j’ai de la petite visite…

Brouillard, petite chatte d'un an et demi qui "jase" sans arrêt. Je ne sais pas trop de quoi, mais ça semble passionnant!
Brouillard, petite chatte d’un an et demi qui « jase » sans arrêt. Je ne sais pas trop de quoi, mais ça semble passionnant!

Puce, mâle orange de plus de 10 ans, qui dévore déjà le gazon. Il est ataxique depuis quelques mois et fait de l'anxiété. La serre l'apaise.
Puce, mâle orange de plus de 10 ans, qui dévore déjà le gazon. Il est ataxique depuis quelques mois et fait de l’anxiété. La serre l’apaise.

Seul le temps dira comment évolueront les semences. Mais il reste de ces journées dans la serre une impression de santé, de paix et de plénitude. Qu’il fasse soleil ou qu’il pleuve, que le temps soit chaud ou qu’il soit frais, la vie est toujours belle dans la serre!

La vie méconnue des infirmières de colonie au Québec

La vie méconnue des infirmières de colonie au Québec

Dans des conditions climatiques extrêmes, il arrivait que l’eau du puits gèle. L’infirmière de colonie devait donc acheter de l’eau à même son salaire et la ménager en cas de besoin. Quand elle revenait d’une longue visite à domicile en plein cœur de l’hiver, le poêle à bois était éteint et il faisait froid dans le dispensaire. Elle était responsable de se chauffer. Elle devait aussi ménager l’huile à lampe qui était alors le seul moyen de s’éclairer. Bien des enfants ont vu le jour à la lueur d’un fanal.


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