Pourquoi je ne veux pas d’une ruralité « moderne »

Pourquoi je ne veux pas d’une ruralité « moderne »

Quand la ruralité sera moderne, ce ne sera plus une ruralité.  Quand la terre aura été marchée, tassée par nos pas répétés,  que plus rien n’y poussera, quand les arbres survivants seront protégés par des cages de fer, que les animaux auront été chassés, alors je m’apercevrai qu’une nouvelle ville a poussé en-dessous de moi, une ville que je n’ai pas voulue.  

Des rennes en Laponie

La ville atteinte par cette maladie de la modernité qu’on a baptisée « progrès » et qui n’en est pas sentira la mort.  Oh pas la mort des champs des bataille ni celle des hôpitaux, mais une mort qui vous endort lentement, qui entame votre esprit et ronge votre corps: la fin des matins clairs et de l’air frais.  Je mangerai la mort aussi car il ne restera rien d’autre.  Le sol épuisé se sera tari.  La lumière aura changé.  Et il sera préférable que je dorme afin de ne pas voir ça.

Une jument et son poulain se reposant dans la montagne

Un jour viendra où l’on voudra réveiller les fontaines, transplanter des hybrides créés par les hommes dans des terres devenues pauvres, nettoyer les rivières assassinées, ressusciter les espèces disparues, ramener les oiseaux, consolider les ruines d’un passé bien plus enviable, ramener les artistes, les paysans et les philosophes.  Mais ils ne sauront de la ruralité que ce qu’ils auront lu dans les livres.

L'époque de la liberté dans les champs dorés

De la « mise en valeur », qu’ils disaient…  Ils ont un arsenal de machines géantes, des machines à broyer les hommes si cupides.  Ils ont des mots présents, des mots payants que je n’ai pas, parce que ma priorité est ailleurs.  Elle est dans la Vie sacrée que je n’aspire pas à changer, du moment que la Nature est souveraine là où je suis.  Moi je ne marche pas hors des chemins.  Je suis contemplative.  Je crée.  Je ne me donne pas le droit d’interpréter les signes, de juger une oeuvre infiniment plus grande que je ne le suis. Après mon passage, bien peu de choses auront changé.  C’est mon héritage.  Les hommes m’auront oubliée.  La Nature se souviendra de moi.  

Fleurs jaunes

 C’est qui je suis.



Commentez avec Google+!

Loading Facebook Comments ...

Laissez-moi un petit commentaire! Ça fait toujours plaisir.


Scroll Up