Ruralité: la fin de la fracture numérique

Ruralité: la fin de la fracture numérique

De plus en plus d’entreprises de technologie françaises ont une division responsable de remédier à ce qu’on appelle la « fracture numérique », notamment entre les milieux ruraux et les villes.  Le principal enjeu est de procurer une connexion internet à haute vitesse au plus grand nombre.  Mais les implications sont beaucoup grandes que cela.

Le calcul est simple: plus de télé-travail, moins d’embouteillages, de travaux routiers et de pollution.  Moins de dépenses en infrastructures aussi.  Une meilleure qualité de vie.  Moins de stress, une diminution des frais de santé, une baisse des visites médicales et de la consommation de médicaments.  Tous les avantages de la vie en milieu rural sans les inconvénients de la ville.  L’équation parfaite.

Mais ce n’est pas tout.  Le branchement des instances gouvernementales en région signifie beaucoup pour les ruraux que nous sommes.  La possibilité, par exemple, d’avoir accès à un spécialiste à distance, de subir une opération chirurgicale, de faire des études post-secondaires, de produire ses déclarations d’impôt en ligne, de faire du réseautage et de décrocher un emploi basé sur les nouvelles technologies, ce ne sont que quelques exemples des bénéfices accordés.

Enfin, la ruralité est compétitive.  Je m’explique: toutes les entreprises de services virtuels, pourvues qu’elles en aient la capacité, ont désormais accès au même marché et ce, où que ce soit sur la planète.  Les artistes ont aussi une vitrine sur le monde qui leur permet d’exposer leurs œuvres, de se faire connaître et de vendre en éliminant un ou plusieurs intermédiaires.

On ne doit pas oublier que l’on doit au numérique la globalisation des communications.  L’information voyage.  On n’a qu’à penser à WikiLeaks et aux nombreux réseaux de pirates informatiques qui attaquent les systèmes nord-américains depuis la Corée du Nord.  Les gens branchés en savent-ils plus que leurs concitoyens qui ne le sont pas?  Il faut croire que oui, à condition qu’ils se soient familiarisés avec les moteurs de recherche.  Grâce ou par la faute d’internet, aucun secret ne demeure caché bien longtemps.

Les groupes activistes y trouvent donc leur compte, qu’ils luttent pour les droits de l’homme, les animaux ou la conservation de l’environnement ou pour des causes plus « locales ».  Cela leur permet de recruter des membres et de recueillir des fonds.

Au Québec, environ 82% des ménages sont branchés à internet.  L’Enquête canadienne sur l’utilisation d’internet 2010 révèle que les personnes seules, les moins nantis et les moins scolarisés sont aussi moins susceptibles d’être branchés.  90% des ménages qui le sont bénéficient d’une connexion à haute vitesse.  Le branchement par câble demeure le plus fréquent.  Il reste encore pas mal de chemin à faire.

La fibre optique semble néanmoins gagner du terrain, mais j’ai été surprise d’apprendre que 38% des branchements internet du Québec se font encore par téléphone.  Parmi les régions les plus touchées, on ne retrouve pas que des régions éloignées.  Il y a aussi Montréal, Québec et la Mauricie!

En 2016, le gouvernement québécois a lancé le projet Brancher Québec afin de remédier au fait que 340 000 ménages québécois n’ont pas un accès internet digne de ce nom.  Depuis des années, la FMQ (Fédération des Municipalités du Québec) réclamait de Québec que l’on donne au milieu rural le moyen d’entrer dans la modernité.  Plusieurs municipalités comptent sur ce projet pour attirer de jeunes familles.  La préfète de la MRC de Charlevoix, Claudette Simard, croit aussi qu’un accès internet haute vitesse et un accès au réseau cellulaire fiable sont autant de moyens pour attirer les entreprises.  L’enveloppe budgétaire est de 100 millions de dollars.

Ottawa a lancé, quant à lui, son programme Brancher pour Innover avec un budget de 500 millions de dollars.  Il vise d’abord à brancher plus de 300 collectivités rurales et éloignées à l’internet haute vitesse d’ici 2021.  Les entreprises et les communautés sont particulièrement visées par les objectifs.

Pour l’instant, comme c’est le cas en France, nous ne sommes pas tous égaux devant le numérique.  Mais ce que l’on souhaite, c’est que les différents projets mis de l’avant puissent offrir à la ruralité un prolongement qui ne la dénature pas et des tonnes de nouvelles possibilités.  Alors la fracture numérique ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

 

 



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